Frise chronologique
1936
Fondation de l'OHP
Fondation de l'OHP
1936 (≈ 1936)
Création décidée par le CNRS sous le Front populaire
9 novembre 1936
Choix du site
Choix du site
9 novembre 1936 (≈ 1936)
Sélection par un comité dirigé par Jean Perrin
1945
Installation du T80
Installation du T80
1945 (≈ 1945)
Premier télescope opérationnel sur le site
1958
Mise en service du T193
Mise en service du T193
1958 (≈ 1958)
Plus grand télescope d'Europe à l'époque
1995
Découverte de 51 Pegasi b
Découverte de 51 Pegasi b
1995 (≈ 1995)
Première exoplanète autour d'une étoile similaire au Soleil
8 février 2017
Classement partiel MH
Classement partiel MH
8 février 2017 (≈ 2017)
Inscription de trois éléments à l'inventaire supplémentaire
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
2028–2029 (prévu)
Projet Providence
Projet Providence
2028–2029 (prévu) (≈ 2029)
Télescope de 2,50 m avec optique adaptative
Patrimoine classé
Les parties suivantes de l'Observatoire de Haute-Provence, telles que délimitées en rouge sur le plan joint à l'arrêté : l'observatoire et les lunettes jumelles du petit prisme objectif (cad. A, n°855), l'observatoire et le télescope du grand prisme objectif (cad. A, n°280), l'observatoire et le télescope Schmidt (cad. A, n°279) : inscription par arrêté du 8 février 2017
Personnages clés
| Jean Dufay - Directeur (1936–1965) |
Premier directeur, également à la tête de l’Observatoire de Lyon |
| Charles Fehrenbach - Directeur (1966–1983) |
Sous-directeur dès 1943, spécialiste d’astrophysique |
| Michel Mayor et Didier Queloz - Astrophysiciens |
Découvreurs de 51 Pegasi b en 1995 |
| Gérard Mégie - Scientifique atmosphérique |
Pionnier des télémesures lidar à l’OHP dans les années 1980 |
| Jean Prouvé - Ferronnier et architecte |
Conception de la couverture en aluminium de la grande coupole |
| Marc Ferrari - Directeur depuis 2023 |
Spécialiste en instrumentation et optique adaptative |
Origine et histoire
L’Observatoire de Haute-Provence (OHP) est créé en 1936 sous l’impulsion du CNRS, nouvellement fondé par le Front populaire. Le site, choisi pour la pureté de son atmosphère près de Forcalquier, voit ses travaux débuter en 1937, mais la Seconde Guerre mondiale ralentit considérablement son développement. Les ouvriers locaux, pour éviter le STO, construisent un mur symbolique tout en préparant le terrain. Le premier télescope opérationnel, un miroir de 80 cm, est installé en 1945 après des tests dès 1932.
En 1941, le télescope de 120 cm (T120), anciennement utilisé à l’Observatoire de Paris (1875–1897), est transféré sur le site, permettant les premières publications scientifiques en 1944. Le grand télescope de 1,93 m (T193), mis en service en 1958, devient un outil clé : il permet la découverte de la première exoplanète, 51 Pegasi b, en 1995 par Michel Mayor et Didier Queloz, valant à ces derniers le prix Nobel de physique en 2019. Le T193 est complété en 1967 par un télescope de 1,52 m (T152), spécialisé en spectroscopie.
Depuis les années 1970, l’OHP diversifie ses activités avec une station de recherche atmosphérique, pionnière en télémesures lidar sous l’égide de Gérard Mégie. Dans les années 2000, une plateforme écologique (O3HP) y est installée pour étudier les chênes pubescents méditerranéens, complétant les recherches en biodiversité. Le site, partiellement classé monument historique en 2017, abrite aussi un centre d’astronomie grand public depuis 1998, avec planétarium inauguré en 2022.
L’observatoire reste un acteur clé en instrumentation, comme en témoigne le projet Providence (2028–2029) : un télescope de 2,50 m à optique adaptative, destiné à l’étude des débris spatiaux, des astéroïdes et des phénomènes transitoires. Ce projet, porté par le CNRS et l’ONERA, souligne la dualité scientifique et militaire du site. L’OHP est aujourd’hui intégré à l’Institut Pythéas, fédérant recherche astronomique et environnementale en Provence.
Architecturalement, le site doit ses bâtiments aux architectes Paul-Robert Houdin, Jacques Guilbert et Louis Madeline, tandis que la grande coupole de 1958, œuvre des Forges du Creusot et de Jean Prouvé, symbolise l’innovation technique de l’époque. La direction de l’observatoire a été assurée par des figures comme Jean Dufay (1936–1965), Charles Fehrenbach (1966–1983), ou plus récemment Marc Ferrari (depuis 2023), spécialiste d’optique adaptative.