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Observatoire à Besançon dans le Doubs

Observatoire

    41B Avenue de l'Observatoire
    25000 Besançon
Propriété de la commune ; propriété d'un établissement public de l'Etat
Observatoire
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Crédit photo : Wikipedro - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
11 mars 1878
Décret présidentiel
20 décembre 1878
Signature du décret
16 janvier 1879
Nomination du premier directeur
1883-1884
Construction de l’observatoire
16 août 1884
Inauguration
1885
Début de la transmission de l’heure
1888
Réparations majeures
1897
Poinçon « tête de vipère »
1902
Construction du cadran analemmatique
1938-1939
Installation de l’astrographe Secrétan
1969
Première horloge atomique
1er août 2005
Inscription aux Monuments Historiques
3 mai 2012
Classement aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'ensemble du site (bâtiments et terrain d'assiette) de l'observatoire, [à l'exclusion des bâtiments du Laboratoire de Physique et métrologie des oscillateurs du Centre national de la Recherche Scientifique (parcelles HK 4, 94) et des bâtiments de Météo France (parcelle HK 101) ], comprenant les parties suivantes, en totalité, y compris les vestiges et fondations d'anciens bâtiments scientifiques et techniques, les décors ainsi que les instruments et dispositifs immeubles par destination : dans la partie nord du site : bâtiment du coudé, bâtiment de la méridienne et ses mires, bâtiment de la bibliothèque, vestiges de la lunette photographique, vestiges de l'altazimut et ses mires, bâtiment de l'astrographe, les trois laboratoires d'essai ; dans la partie sud du site : maison du directeur, conciergerie, cadran analemmatique, une mire et deux piliers, nouveau bâtiment de bureaux et laboratoire d'essai ; le parc, y compris les vestiges et fondations d'anciens aménagements sur l'ensemble du terrain d'assiette (cad. HK 92 à 94, 101, 4, 5 ; EZ 122, 123) : inscription par arrêté du 1er août 2005 - En totalité, l'ensemble des bâtiments de l'observatoire, avec son parc, sis 34, 41, 41bis, 43, avenue de l'Observatoire, comprenant les parties suivantes (à l'exclusion des bâtiments des bureaux et laboratoires d'essai, parcelle EZ 123) : dans la partie nord du site : le bâtiment du coudé, le bâtiment de la méridienne et ses mires, le bâtiment de la bibliothèque, les vestiges de la lunette photographique, les vestiges de l'altazimut et ses mires, le bâtiment de l'astrographe, les trois laboratoires d'essai ; dans la partie sud du site : la maison du directeur, la conciergerie, le cadran analemmatique, une mire et deux piliers (cad. HK 92 ; EZ 122, 123) : classement par arrêté du 3 mai 2012

Personnages clés

Laurent Mégevand - Horloger genevois Fonda le pôle horloger de Besançon en 1793.
Jean-François Saint-Loup - Premier directeur de l’observatoire Nommé en 1879, démissionne en 1881.
Louis Jules Gruey - Directeur et scientifique Finalisa la construction et calcula le cadran analemmatique.
Étienne-Bernard Saint-Ginest - Architecte du département Conçut les plans définitifs de l’observatoire.
Auguste Leboeuf - Directeur de l’observatoire (début XXe) Paysagea le parc et développa les services scientifiques.
Édouard Bérard - Architecte initial Auteur du premier projet non retenu en 1879.
Paul Gautier - Artisan-instrumentiste Fournit des instruments de précision pour l’observatoire.

Origine et histoire

L’Observatoire de Besançon est un édifice scientifique polyvalent, conçu pour répondre aux besoins de l’industrie horlogère locale, alors en pleine expansion. À la fin du XIXe siècle, Besançon domine la production horlogère française, avec 90 % de la production nationale en 1880. Pour garantir la précision des montres, la ville nécessite un organisme certificateur indépendant. Un décret présidentiel du 11 mars 1878 officialise sa création, combinant astronomie, météorologie et chronométrie. L’architecte Étienne-Bernard Saint-Ginest et le directeur Louis Jules Gruey supervisent sa construction entre 1883 et 1884, sur un site choisi pour son éloignement de la pollution lumineuse.

Inauguré le 16 août 1884, l’observatoire est rapidement confronté à des malfaçons nécessitant des réparations en 1888. Son rôle initial inclut la certification des montres via des « bulletins de marche », délivrés après des tests rigoureux en conditions extrêmes. Dès 1885, il transmet l’heure exacte à la ville via un réseau d’horloges synchronisées. En 1897, un poinçon « à tête de vipère » est apposé sur les montres certifiées. L’observatoire se distingue aussi par son cadran analemmatique (1902), 3e plus ancien au monde, et son astrographe triple Secrétan, instrument d’exception pour l’observation céleste.

Au XXe siècle, l’observatoire évolue avec les avancées technologiques. Une horloge atomique au césium est installée en 1969, marquant son passage à la métrologie du temps atomique. Les bâtiments s’agrandissent : laboratoires (1970-1973), station météorologique (1983-1984), et galerie couverte (1980-1981). Aujourd’hui, il abrite l’OSU-THETA, fédérant des laboratoires de recherche en astronomie, chrono-environnement et temps-fréquence. Il reste un acteur clé dans la certification des chronomètres, aux côtés du COSC suisse et de l’observatoire allemand de Glashütte.

L’architecture de l’observatoire reflète sa spécialisation fonctionnelle. Le plan initial, axé ouest-est et nord-sud, sépare les activités scientifiques (bibliothèque, méridienne, équatorial coudé) au nord, des logements (maison du directeur, conciergerie) au sud. Les matériaux varient selon les époques : moellons calcaires pour les premiers bâtiments, béton armé pour les extensions du XXe siècle. Le style Louis XIII, avec ses chaînes d’angles harpées, évoque une rigueur scientifique. Le parc, aménagé dès 1904, abrite des instruments historiques comme la lunette méridienne de Gautier ou l’altazimut, aujourd’hui exposé au musée du Temps.

Classé Monument Historique en 2005 et 2012, l’observatoire symbolise le lien entre science, industrie et patrimoine. Son histoire est indissociable de celle de Besançon, où l’horlogerie a façonné l’économie locale. Les concours annuels de chronométrie (dès 1888) et les innovations comme l’astrographe Secrétan (1938-1939) illustrent son rôle pionnier. Aujourd’hui, il allie préservation du patrimoine et recherche de pointe, notamment via le département Temps-Fréquence de l’institut FEMTO-ST.

Liens externes