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Odéon antique de Lyon à Lyon 5ème dans le Rhône

Patrimoine classé
Vestiges Gallo-romain
Théâtre gallo-romain

Odéon antique de Lyon

    Rue de l'Antiquaille
    69005 Lyon 5ème

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
XIXe siècle
Époque contemporaine
200
300
400
500
1100
1200
1900
2000
Fin Ier - début IIe siècle
Construction de l'odéon
IIIe - IVe siècle
Abandon progressif
1192
Charte médiévale
1933-1958
Fouilles archéologiques
1952
Premier concert moderne
1975
Création du musée gallo-romain
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Pierre Wuilleumier - Archéologue Dirigea les fouilles de 1941 à 1946
Amable Audin - Archéologue Étudia la décoration et l’architecture (1953-1958)
Jacob Spon - Érudit lyonnais Dessina les ruines en 1673, les identifiant à tort
Syméoni - Humaniste florentin Premier à identifier un théâtre en 1559
Karl Münchinger - Chef d’orchestre Dirigea le premier concert en 1952

Origine et histoire

L’odéon antique de Lyon, situé sur la colline de Fourvière, est un monument romain construit à la fin du Ier ou au début du IIe siècle. Adossé au grand théâtre, il formait un ensemble architectural rare en Gaule, comparable seulement à celui de Vienne. D’une capacité d’environ 3 000 places, il accueillait des concerts, des lectures publiques et des réunions de notables, comme les décurions de la colonie. Son abandon progressif à partir du IIIe siècle s’inscrit dans le déclin de la colline de Fourvière au profit de la ville basse, près de la Saône.

Au Moyen Âge, l’odéon fut utilisé comme carrière de pierres pour construire la cathédrale Saint-Jean et les ponts de Lyon. Une charte de 1192 réserve même ses marbres pour la cathédrale. Les ruines, partiellement ensevelies sous des éboulis, ne laissaient émerger que des vestiges imposants, interprétés tantôt comme un théâtre, tantôt comme l’amphithéâtre des martyrs chrétiens de 177. Ces débats durèrent jusqu’aux fouilles archéologiques majeures menées entre 1933 et 1958, qui révélèrent définitivement sa nature d’odéon.

Les fouilles, dirigées notamment par Pierre Wuilleumier et Amable Audin, dégagèrent un édifice de 73 mètres de diamètre, doté d’une cavea semi-circulaire et d’un orchestre richement décoré d’un pavement en opus sectile aux pierres importées (marbres, porphyres, granites). Le mur d’enceinte, épais de 6,45 mètres, suggérait une possible couverture partielle, bien que cette hypothèse reste discutée. Des fragments de bas-reliefs en marbre, représentant des Amours vendangeurs, furent retrouvés dans un four à chaux médiéval, attestant d’une décoration luxueuse.

L’odéon était desservi par des escaliers et des couloirs voûtés, dont certains conservent des dallages de marbre. Son mur arrière, orné de niches, dominait une esplanade dallée où un portique à deux niveaux abritait les spectateurs. À proximité, une rue antique avec boutiques et une fontaine reliait les entrées supérieures de l’odéon. Les découvertes incluent aussi des statues en marbre, des inscriptions dédiées à un duumvir, et des éléments architecturaux comme le pulpitum (mur de scène décoré) et la fosse à rideau.

Redécouvert à la Renaissance, l’odéon fit l’objet de spéculations parmi les humanistes lyonnais, comme Syméoni (1559) ou Jacob Spon (1673), qui le confondirent avec un amphithéâtre. Les fouilles du XXe siècle, couplées à la création du musée gallo-romain en 1975, transformèrent le site en un parc archéologique majeur. Depuis 1952, l’odéon accueille à nouveau des concerts, notamment lors des Nuits de Fourvière, perpétuant sa vocation culturelle originale.

Aujourd’hui, l’odéon et le théâtre voisin forment un ensemble classé Monument historique, accessible par le funiculaire de Fourvière. Le musée gallo-romain expose des maquettes de reconstitution et les statues rescapées du four à chaux, comme les copies hellénistiques de chasseurs. Ce site, symbole de Lugdunum, capitale des Gaules, illustre l’héritage romain de Lyon et son rôle dans la diffusion de la culture antique en Gaule.

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