Origine et histoire de l'Opéra
L’Opéra de Nice, inauguré en 1885 sous le nom de théâtre municipal, remplace un précédent édifice détruit par un incendie en 1881 lors d’une représentation de Lucie de Lammermoor, faisant deux cents victimes. Sa reconstruction, décidée en 1882 par la municipalité d’Alfred Borriglione, est confiée à l’architecte François Aune, avec des plans validés par Charles Garnier. Le bâtiment, de style éclectique, arbore deux façades principales : l’une sur le quai des États-Unis (anciens remparts), l’autre sur la rue Saint-François-de-Paule. Son intérieur, en fer à cheval, est orné d’une fresque mythologique représentant Phaëton conduisant le char du soleil, réalisée par Emmanuel Costa, ainsi que de panneaux des Neuf muses dans le grand foyer.
L’histoire du site remonte au XVIIIe siècle, avec le théâtre Maccarani (près de l’actuelle porte Saint-Éloi), racheté en 1789 par la société des Quarante, puis transformé en théâtre de la Montagne sous l’occupation française. En 1826, le roi Charles-Félix de Sardaigne ordonne la construction du Théâtre royal, conçu par Benoît Brunati sur le modèle du Teatro San Carlo de Naples. Inauguré en 1827, il devient Théâtre impérial sous le Second Empire, puis théâtre municipal en 1871. Sa destruction en 1881 accélère la naissance de l’édifice actuel, classé monument historique en 1992.
L’Opéra de Nice s’illustre par des créations majeures, comme La Prise de Troie d’Hector Berlioz (1891) ou Marie-Magdeleine de Jules Massenet (1903), et accueille des artistes prestigieux : Montserrat Caballé, Plácido Domingo, ou Luciano Pavarotti. En 1902, il prend son nom définitif. Géré en régie municipale, il abrite aussi le Ballet Nice-Méditerranée, fondé en 1947, et commande en 2025 une œuvre à Yann Robin pour la Conférence des Nations unies sur l’océan.
Son architecture reflète les influences néo-classiques et éclectiques, tandis que sa programmation mêle répertoire classique et modernité. Les décors intérieurs, comme le rideau de scène peint par Jean-Baptiste Biscarra (L’Apothéose de Catherine Ségurane), rappellent l’histoire locale. Le monument, propriété de la ville, reste un symbole de la vie culturelle niçoise, entre héritage sarde et rayonnement méditerranéen.