Frise chronologique
VIᵉ siècle av. J.-C.
Fondation de l'oppidum
Fondation de l'oppidum
VIᵉ siècle av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Construction par les Salyens, âge du fer.
IIᵉ siècle av. J.-C.
Rôle défensif accru
Rôle défensif accru
IIᵉ siècle av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Conflits contre Massalia et expansion grecque.
20–10 av. J.-C.
Abandon temporaire
Abandon temporaire
20–10 av. J.-C. (≈ 15 av. J.-C.)
Transition vers les habitats de plaine romains.
1926
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1926 (≈ 1926)
Protection officielle du site archéologique.
1980–2007
Fouilles modernes
Fouilles modernes
1980–2007 (≈ 1994)
Campagnes systématiques (Hettiger, Rigoir, etc.).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Oppidum de Constantine, dans le domaine de Calissanne : inscription par arrêté du 2 novembre 1926
Personnages clés
| Yves Rigoir - Archéologue |
Fouilles de 1991, découverte du chapiteau ionique. |
| Jean-Louis Charrière - Découvreur de la pierre gravée |
Buste gaulois « préromain » (1978, Musée Granet). |
| Henri de Gérin-Ricard - Explorateur archéologique |
Fouilles de 1933, chapelle paléochrétienne. |
| François Verdin - Archéologue |
Hypothèse de nécropole protohistorique (2013). |
| Honoré Bouche - Érudit provençal (XVIIᵉ s.) |
Première description écrite (1664). |
Origine et histoire
L’oppidum de Constantine est un site protohistorique celte situé à Lançon-Provence (Bouches-du-Rhône), en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Bâti dès l’âge du fer (VIe siècle av. J.-C.), il s’étend sur 7 hectares, dominant la plaine de l’étang de Berre. Ceint de remparts en pierre sèche et de sept tours, il abritait un temple chtonien, des habitats, une chapelle paléochrétienne et des traces d’activités agricoles (pressoirs laténiens). Sous la tutelle des Salyens, il servait de place forte, de lieu d’échanges et de culte à Bélénos, dieu gaulois des eaux.
Le site reflète les tensions commerciales entre Salyens et Phocéens (Grecs de Massalia) dès le IIe siècle av. J.-C., jouant un rôle dans la « couronne défensive » contre l’expansion massaliote. Ses ruines révèlent une occupation fluctuante : abandonné entre 20 et 10 av. J.-C. pour un habitat de plaine sous Rome, il fut réoccupé du Ve au IXe siècle (période wisigothe et carolingienne), abritant une communauté villageoise autour d’une chapelle du VIe siècle.
Les fouilles, depuis le XVIe siècle, ont souvent été destructrices, mais les campagnes rigoureuses (années 1980–2007) ont révélé cinq couches stratigraphiques, allant de l’hellénisme (IIe siècle av. J.-C.) à l’Antiquité tardive (Ve siècle). Des artefacts clés incluent un chapiteau « préromain » ionique simplifié (1991), une pierre gravée d’un buste gaulois (1978, Musée Granet), et des sarcophages protohistoriques (2013) suggérant une nécropole le long de la route sud.
L’architecture combine des murs cyclopéens (3 m d’épaisseur) et des habitats en terre crue, typiques de la Protohistoire régionale. Le site, propriété privée du Domaine de Calissanne depuis le XIXe siècle, est classé Monument Historique depuis 1926. Son accès nécessite une autorisation, soulignant son statut de chasse gardée et de patrimoine protégé.
La géographie stratégique de Constantine, à proximité d’axes néolithiques (future voie Aurélienne) et de sites voisins (Roquepertuse, Oppidum des Escalèdes), en fait un nœud commercial et militaire. Les légendes médiévales, comme celle des statues d’or dans les avens, témoignent de son aura mystique, tandis que les érudits du XVIIe siècle (Bouche, 1664) louaient déjà ses murailles « d’une grande antiquité ».
Abandonné après l’Empire carolingien, le site illustre les cycles d’occupation liés aux insécurités : refuge protohistorique, village médiéval, puis déclin face à l’urbanisation des plaines. Ses vestiges, allant des avens votifs aux poteries mérovingiennes, offrent un témoignage rare de la vie celto-ligure, salyenne et paléochrétienne en Provence.