Frise chronologique
52 av. J.-C.
Siège de Gergovie
Siège de Gergovie
52 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Victoire de Vercingétorix sur Jules César.
Xe siècle
Première mention toponymique
Première mention toponymique
Xe siècle (≈ 1050)
« Gergoia » cité dans des textes médiévaux.
1865
Rebaptisation par Napoléon III
Rebaptisation par Napoléon III
1865 (≈ 1865)
Merdogne devient officiellement Gergovie.
1900
Érection du monument à Vercingétorix
Érection du monument à Vercingétorix
1900 (≈ 1900)
Œuvre de l’architecte Jean Teillard.
1995-1999
Fouilles archéologiques modernes
Fouilles archéologiques modernes
1995-1999 (≈ 1997)
Confirmation du site par Vincent Guichard.
2013-2018
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2013-2018 (≈ 2016)
Protection du plateau et du monument.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'oppidum situé sur les parcelles ZA 44, 45, 107 à 112 : inscription par arrêté du 15 janvier 2013 ; Le monument commémoratif à Vercingétorix de l’oppidum de Gergovie, situé sur la parcelle n°107 figurant au cadastre section ZA : inscription par arrêté du 5 mars 2018 ; Le plateau de l’oppidum de Gergovie, y compris le monument à Vercingétorix et la voie départementale dite « chemin rural du monument de Gergovie », à l’exclusion des bâtiments modernes, situés sur les parcelles n°44, 45, 107 à 112, et sur une parcelle non cadastrée, figurant section ZA, tel que délimité en bleu sur le plan annexé à l’arrêté : classement par arrêté du 9 novembre 2018
Personnages clés
| Vercingétorix - Chef arverne |
Vainqueur de César à Gergovie. |
| Jules César - Général romain |
Défait à Gergovie en 52 av. J.-C. |
| Napoléon III - Empereur des Français |
Rebaptisa Merdogne en Gergovie. |
| Vincent Guichard - Archéologue |
Confirma le site par des fouilles. |
| Colonel Stoffel - Archéologue (XIXe siècle) |
Premières fouilles sous Napoléon III. |
| Jean Teillard - Architecte |
Auteur du monument à Vercingétorix. |
Origine et histoire
L’oppidum de Gergovie, situé sur la commune de La Roche-Blanche dans le Puy-de-Dôme, est un site archéologique majeur de la période gallo-romaine. Ce plateau fortifié de 70 hectares, dominant la plaine de Limagne, fut le cadre en 52 av. J.-C. d’une bataille décisive de la guerre des Gaules, où les troupes gauloises de Vercingétorix repoussèrent les légions de Jules César. Les fouilles archéologiques, initiées sous Napoléon III et confirmées au XXe siècle, ont révélé des remparts, des fossés et des vestiges militaires romains, attestant de l’authenticité du site comme théâtre de ce conflit historique.
Le siège de Gergovie marqua un tournant dans la résistance gauloise, bien que la victoire de Vercingétorix fut suivie de sa défaite finale à Alésia. Les recherches archéologiques, notamment celles menées par Vincent Guichard dans les années 1990, ont permis de dater précisément les fortifications et de retrouver des artefacts militaires romains, comme des traits de catapulte, confirmant le récit de César. Le site, classé Monument Historique en 2013 et 2018, comprend également un monument commémoratif dédié à Vercingétorix, érigé en 1900, symbolisant la mémoire nationale de cette bataille.
La localisation de Gergovie a longtemps fait débat, opposant le plateau de Merdogne (site officiel) aux Côtes de Clermont, une controverse alimentée par des interprétations philologiques et des enjeux politiques locaux. Les fouilles récentes, notamment celles de 2007, ont définitivement validé le site de La Roche-Blanche, où des vestiges de remparts et des traces de combats ont été mis au jour. Le contexte archéologique révèle aussi une occupation simultanée de plusieurs oppida arvernes (Gergovie, Corent, Gondole), suggérant une organisation territoriale complexe à l’époque gauloise.
L’oppidum de Gergovie s’inscrit dans un réseau d’agglomérations arvernes, incluant des sites comme Corent, où des découvertes exceptionnelles (sanctuaires, villas gallo-romaines) ont éclairé la vie quotidienne et l’organisation sociale de cette région avant la conquête romaine. Les fouilles ont également exhumé des sépultures collectives, comme celle de Gondole, où huit cavaliers et leurs chevaux furent enterrés simultanément, bien que leur lien avec la bataille reste incertain. Ces éléments illustrent la richesse historique et la complexité des sociétés gauloises à la veille de la romanisation.
Le site a acquis une dimension symbolique forte, notamment sous Napoléon III, qui rebaptisa le village de Merdogne en « Gergovie » par décret en 1865, s’inscrivant dans une volonté de construire un roman national autour des figures gauloises. Au XXe siècle, le maréchal Pétain y organisa une cérémonie en 1942, mêlant mémoire historique et propagande politique. Aujourd’hui, Gergovie reste un lieu de mémoire et de recherche, où archéologues et historiens continuent d’étudier les vestiges pour affiner la compréhension de la bataille et de la civilisation arverne.
Les campagnes de fouilles ont également révélé des traces d’occupation antérieures et postérieures à la bataille, comme un sanctuaire gallo-romain et des ateliers de métallurgie, témoignant de la pérennité du site après la conquête. Les remparts, partiellement reconstruits à la hâte avant le siège, et les fossés césariens identifiés par les archéologues offrent un éclairage précis sur les stratégies militaires de l’époque. Le plateau, protégé et ouvert au public, permet aux visiteurs de découvrir ce patrimoine à travers un musée archéologique et des parcours balisés, perpétuant la mémoire de ce haut lieu de l’histoire gauloise.