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Oppidum des Caisses de Jean-Jean à Mouriès dans les Bouches-du-Rhône

Patrimoine classé
Vestiges Gallo-romain
Oppidum

Oppidum des Caisses de Jean-Jean à Mouriès

    Cd 78 Route de Mouries
    13890 Mouriès
Propriété de la commune
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Oppidum des Caisses
Crédit photo : Malost - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
1900
2000
VIᵉ-Iᵉʳ siècle av. J.-C.
Période d'occupation
2 février 1937
Inscription aux monuments historiques
1935-1942
Fouilles de Fernand Benoit
1965, 1985-1986
Nouvelles découvertes de stèles
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Oppidum des Caisses, dans la montagne de Beaumettes : inscription par arrêté du 2 février 1937

Personnages clés

Fernand Benoit - Archéologue Fouilles et études du site (1935-1942)
Villevieille - Antiquaire montpelliérain Premier à proposer Tericiae à Mouriès
Christophe de Villeneuve-Bargemon - Historien et préfet (1824) Localise Tericiae sur le site
Isidore Gilles - Chercheur (1884) Propose la Castelette pour Tericiae

Origine et histoire

L'oppidum des Caisses de Jean-Jean est un site archéologique majeur des Alpilles, situé sur la commune de Mouriès (Bouches-du-Rhône). Implanté dans une cuvette naturelle protégée par des barres rocheuses calcaires, il fut occupé du VIe au Ier siècle av. J.-C. Son acropole, accessible par un sentier balisé, domine un plateau où subsistent des vestiges d'habitations et de fortifications. Les fouilles ont révélé des murs de 1,50 à 2 mètres de haut, datés du Ier siècle av. J.-C., ainsi que des substructions plus anciennes (Ve-IVe siècles av. J.-C.), témoignant d'une occupation continue.

Les fouilles menées par Fernand Benoit entre 1935 et 1942 ont mis au jour des traces d'une occupation intense entre le Ve et le IIe siècle av. J.-C., notamment des céramiques indigènes et des pièces de monnaie marseillaise. Le site était protégé par deux remparts encadrant une esplanade de 300 mètres, rendant le village quasi imprenable. Les maisons, construites en adobe sans joint de taille, abritaient des objets comme des dalles de couverture et un graffiti grec (« ουρρεο »), suggérant des échanges culturels.

Parmi les découvertes marquantes figurent des stèles en calcaire de Saint-Rémy-de-Provence, réemployées dans les remparts. Hautes de 1,80 mètre, elles portent des gravures de chevaux et de cavaliers héroïsés, aujourd'hui conservées à Arles. Ces stèles, datées entre le VIe et le Ier siècle av. J.-C., illustrent l'importance symbolique du site. L'oppidum est inscrit aux monuments historiques depuis le 2 février 1937, soulignant sa valeur patrimoniale.

L'hypothèse d'une identification avec l'antique Tericiae, mentionnée sur la Table de Peutinger, reste débattue. Cette carte romaine du XIIIe siècle (copie d'un original antique) situe Tericiae près de Mouriès, à l'ouest du village actuel. Plusieurs chercheurs, dont Fernand Benoit, ont proposé que la population de l'oppidum ait migré vers la plaine après la paix romaine, fondant Tericiae entre les Caisses, le Castellas et le hameau des Baumettes. Cependant, cette théorie n'est pas consensuelle, certains y voyant plutôt un quartier périphérique de l'habitat antique.

Le site est relié à d'autres oppida des Alpilles par des chemins anciens, comme ceux menant aux castellas de Maussane et d'Aureille. Son organisation spatiale, avec un talus artificiel et un rempart comparable à celui d'Ensérune (Hérault), suggère une planification défensive sophistiquée. Les vestiges visibles aujourd'hui incluent quatre habitations fouillées, ainsi que des éléments de remparts et des stèles sculptées, offrant un aperçu de la vie celtique en Provence avant la romanisation.

Liens externes