Oppidum des Encourdoules à Vallauris dans les Alpes-Maritimes

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Oppidum

Oppidum des Encourdoules à Vallauris

  • Les Encourdoules
  • 06220 Vallauris
Crédit photo : Patrick Rouzet - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
200 av. J.-C.
100 av. J.-C.
0
100
200
300
400
500
600
1900
2000
Fin du IIIe ou début du IIe siècle av. J.-C.
Fondation de l'oppidum
Entre 15 av. J.-C. et 25 apr. J.-C.
Activité agricole
Fin du IIe siècle ou début du IIIe siècle
Abandon des installations
Début du règne d'Auguste
Rénovation majeure
26 janvier 1978
Inscription des sols
20 juin 1983
Inscription de l'oppidum
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Terrains contenant les vestiges de l'oppidum (cad. AD 4p ; AE 120p, 121p, 122p ; AI 57, 59p) : inscription par arrêté du 26 janvier 1978 ; Oppidum (cad. D 1, 51 à 53, 326) : inscription par arrêté du 20 juin 1983

Personnages clés

Artémidore d'Éphèse Géographe ayant mentionné la ville des Décéates.
Magister Pagi Cantabe Magister du pagus dépendant de la cité d'Antibes.
Marcus Multilius Paternus Membre de la gens Multilius Paternus ayant élevé un mausolée.
Lucilia Membre de la gens Multilius Paternus ayant élevé un mausolée.
Balbia Paterna Alumna pour qui un mausolée a été élevé.

Origine et histoire de l'Oppidum des Encourdoules

L'oppidum des Encourdoules est un site ligure situé sur la commune de Vallauris, dans les Alpes-Maritimes. Les sols du camp ont été inscrits au titre des monuments historiques le 26 janvier 1978 et l'oppidum le 20 juin 1983. Implanté à 1 km au nord-est de Vallauris, il culmine à 249 m et était connu sous le nom de Cordula. Les archéologues ont envisagé qu'il pourrait avoir été la capitale de la tribu des Décéates, ville mentionnée par le géographe Artémidore d'Éphèse. L'oppidum remonte à la fin du IIIe ou au début du IIe siècle av. J.-C. et a été occupé jusqu'au IVe siècle apr. J.-C. Il était ceint d'une enceinte en larges blocs, d'une largeur supérieure à deux mètres, qui protégeait une superficie d'environ un hectare et s'ouvrait par une porte à recouvrement. Au début du règne d'Auguste, le site fut fortement remanié : l'enceinte fut partiellement détruite et l'agglomération déborda le mur pour occuper près de deux hectares. Les vestiges se raréfient au Bas-Empire, traduisant une occupation en déclin qui disparaît à l'Antiquité tardive, peut-être à la suite des invasions « barbares ». Les fouilles de 2002 à 2005, sur une surface de 660 m2, ont révélé des murs de maisons dotées de pressoirs — dalle, cuve et presse — attestant la production de vin et d'huile d'olive. Cette activité, implantée durant la période augustéenne (entre 15 av. J.-C. et 25 apr. J.-C.), a perduré environ deux siècles et a connu des transformations, certaines cuves étant remplacées par des jarres. Vers la fin du IIe siècle ou au début du IIIe siècle, ces installations agricoles furent abandonnées, tandis que le village perdura et que la production se développa dans les fermes romaines voisines. Une porte monumentale fut édifiée à l'entrée du village, au-dessus de l'ancienne porte de l'âge du Fer ; la clé de voûte de l'arc intérieur porte l'inscription MAGISTER PAGI CANTABE, attribuée au magister du pagus dépendant de la cité d'Antibes. En contrebas de l'oppidum s'étendait une nécropole où plusieurs mausolées ont été découverts ; l'un d'eux porte une inscription indiquant que Marcus Multilius Paternus et Lucilia élevèrent de leur vivant ce monument pour Balbia Paterna, leur « alumna », pour eux-mêmes et leur postérité. Ce mausolée, contemporain de la construction de la porte, appartient à la gens Multilius Paternus, probablement d'origine locale. Lors des fouilles menées entre 1874 et 1889, 161 pièces de monnaie ont été mises au jour. Le site pourrait être aménagé pour être visité.

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