Frise chronologique
Fin IIᵉ siècle av. J.-C.
Fondation de Bibracte
Fondation de Bibracte
Fin IIᵉ siècle av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Acte de fondation de l’oppidum éduen (200 ha).
58 av. J.-C.
Victoire de César sur les Helvètes
Victoire de César sur les Helvètes
58 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Bataille de Montmort près de Bibracte.
52 av. J.-C.
Couronnement de Vercingétorix
Couronnement de Vercingétorix
52 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Proclamation comme chef des Gaules à Bibracte.
15 av. J.-C.
Fondation d’Autun (*Augustodunum*)
Fondation d’Autun (*Augustodunum*)
15 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Déclin progressif de Bibracte au profit d’Autun.
1867
Redécouverte par Bulliot
Redécouverte par Bulliot
1867 (≈ 1867)
Identification officielle du site par Jacques-Gabriel Bulliot.
1984
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1984 (≈ 1984)
Protection légale du site archéologique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Oppidum du Mont Beuvray, également dénommé oppidum de Bibracte (cad. B 281, 322 à 325, 327, 328, 331, 332, 838 à 845, 880, 882) : classement par arrêté du 25 septembre 1984
Personnages clés
| Jules César - Général et auteur romain |
Mentionne Bibracte dans *La Guerre des Gaules*. |
| Vercingétorix - Chef gaulois |
Proclamé roi à Bibracte en 52 av. J.-C. |
| Diviciacos - Druide et diplomate éduen |
Frère de Dumnorix, ambassadeur à Rome. |
| Jacques-Gabriel Bulliot - Archéologue (XIXᵉ siècle) |
Identifia Bibracte et fouilla le site (1867–1895). |
| Joseph Déchelette - Archéologue, neveu de Bulliot |
Poursuivit les fouilles jusqu’en 1907. |
| François Mitterrand - Président de la République |
Relança les fouilles en 1984 (site d’intérêt national). |
Origine et histoire
L’oppidum du Mont-Beuvray, aussi appelé Bibracte, fut la capitale politique, économique et religieuse du peuple gaulois des Éduens entre le IIe et le Ie siècle av. J.-C. Fondé vers la fin du IIe siècle av. J.-C., ce site fortifié de 200 hectares (réduit ensuite à 135 ha) abritait entre 5 000 et 10 000 habitants. Son emplacement stratégique, entre les bassins de la Saône, de la Loire et de l’Yonne, en fit un carrefour commercial et un symbole du pouvoir éduen, allié de Rome depuis le IIe siècle av. J.-C. Les fouilles ont révélé des remparts imposants (type murus gallicus), des quartiers artisanaux spécialisés (métallurgie, frappe de monnaie), ainsi qu’une organisation urbaine adaptée au relief montagnard.
Bibracte joua un rôle clé lors de la Guerre des Gaules : en 58 av. J.-C., Jules César y vainquit les Helvètes à proximité (bataille de Montmort), puis en 52 av. J.-C., Vercingétorix y fut proclamé chef des Gaules. Après la conquête romaine, la ville déclina au profit d’Autun (Augustodunum), fondée vers 15 av. J.-C. sous Auguste. Malgré son abandon progressif, des cultes et une foire annuelle (attestée dès le XIIIe siècle) perpétuèrent sa mémoire. Redécouvert au XIXe siècle par Jacques-Gabriel Bulliot, le site est aujourd’hui un laboratoire archéologique européen, classé Monument Historique (1984) et labellisé « Grand Site de France » (2007).
Les fouilles modernes, relancées en 1984 sous l’impulsion de François Mitterrand, ont exhumé des vestiges exceptionnels : une basilique gallo-romaine précoce (Ier siècle av. J.-C.), des domus aristocratiques (comme la PC1, de 3 500 m2), un bassin monumental aux alignements solsticiaux, et des nécropoles. Le musée de Bibracte, inauguré en 1996, présente ces découvertes et contextualise la civilisation des oppida. Le site, géré par un EPCC depuis 2007, accueille des équipes internationales et participe à des projets européens, comme PITCHER (2021–2024) contre le trafic illicite d’antiquités.
L’organisation politique éduenne, décrite par César, reposait sur un sénat aristocratique et un vergobret (magistrat annuel), secondé par des druides comme Diviciacos. Bibracte illustre aussi une romanisation accélérée : ses élites adoptèrent rapidement des modèles urbains romains (thermes, forums), tandis que son artisanat (métallurgie, céramiques italiennes) témoigne de liens commerciaux intenses avec Rome et Massilia. L’oppidum, abandonné au Ier siècle ap. J.-C., reste un jalon majeur pour comprendre la transition entre monde celte et empire romain en Gaule.
La toponymie de Bibracte, attestée dès 50 av. J.-C. (A Bibracte chez César), évolue en Beuvray au Moyen Âge, peut-être lié au gaulois bebro- (« castor »), suggérant un hydronyme ou un oronyme. Trois inscriptions dédiées à une déesse Bibracte*, découvertes à Autun au XVIIe siècle, soulèvent des débats sur l’antériorité du toponyme ou du théonyme. Les méthodes archéologiques ont évolué : des prospections lidar (depuis 2007) aux fouilles stratigraphiques, révélant cinq phases de remparts et des quartiers spécialisés (comme la Côme Chaudron, dédié à la métallurgie).
Devenir actuel
Le site héberge le musée de la civilisation celtique qui retrace la vie de cette cité de quelque 5 à 10 milliers d'âmes au sein d'un oppidum fortifié que les fouilles archéologiques du mont Beuvray révèlent peu à peu. La conservation et la gestion du site sont effectuées depuis 2007 par l'établissement public de coopération culturelle (EPCC) de Bibracte.