Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Oppidum gaulois de Moulay en Mayenne

Patrimoine classé
Vestiges Gallo-romain
Oppidum

Oppidum gaulois de Moulay

    144-188 Place de l'Église
    53100 Moulay
Propriété de la commune
Oppidum gaulois de Moulay
Oppidum gaulois de Moulay
Oppidum gaulois de Moulay
Oppidum gaulois de Moulay
Oppidum gaulois de Moulay
Oppidum gaulois de Moulay
Oppidum gaulois de Moulay
Crédit photo : Brunodumaine - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
1900
2000
IIᵉ-Iᵉʳ siècles av. J.-C.
Période d'occupation principale
1972-1975
Premières fouilles archéologiques
26 mai 1986
Inscription aux monuments historiques
2004
Découverte de la seconde enceinte
2009-2011
Fouille programmée sur 11 hectares
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le rempart principal (cad. 1985 AB 188) : inscription par arrêté du 26 mai 1986

Personnages clés

E. Le Goff - Archéologue A qualifié Moulay de « cœur névralgique ».
Jacques Naveau - Archéologue et auteur A étudié et publié sur l'oppidum.

Origine et histoire

L'oppidum de Moulay, aussi appelé oppidum du Mesnil, est un site archéologique majeur situé sur la commune de Moulay, dans le département de la Mayenne (Pays de la Loire). Ce lieu stratégique, à la confluence de la Mayenne et de l'Aron, contrôlait un gué et offrait une position défensive naturelle. Longtemps surnommé « Camp de César », son origine gauloise n’a été confirmée qu’à partir des fouilles de 1972-1975, révélant une première enceinte de 12 hectares et des vestiges exposés au Musée archéologique départemental de Jublains. Le rempart, de type Murus gallicus, était précédé d’un fossé et dominé par une poterne en pierre sèche.

Les fouilles initiales ont mis au jour des traces d’artisanat du bronze (moules à bracelets, scories), des céramiques armoricaines, et près de 200 meules datées de La Tène finale. En 2004, la découverte d’un second rempart de 1 200 mètres a étendu la superficie du site à 135 hectares, faisant de Moulay le plus vaste oppidum du Massif armoricain et l’un des 10 plus grands de France. Une fouille programmée entre 2009 et 2011, couvrant 11 hectares, a révélé une organisation urbaine orthogonale, avec des quartiers spécialisés (habitations, artisanat, religion) et un réseau d’eau usée.

L’oppidum, probablement capitale des Aulerques Diablintes aux IIe-Ier siècles av. J.-C., était entouré de centres secondaires comme Jublains. Aucune trace de destruction violente n’explique son abandon à l’époque romaine, suggérant une transition progressive vers Jublains. Le site illustre une planification urbaine avancée pour l’époque, nécessitant une élite locale puissante. Les deux enceintes, dont la seconde daterait d’une extension au Ier siècle av. J.-C., en font un « éperon barré à barrages multiples », selon l’archéologue E. Le Goff.

Les fouilles ont également identifié deux fermes gauloises (à Moulay et Aron), confirmant une occupation dense sur au moins 80 hectares. Le mobilier archéologique, daté de la fin de l’époque gauloise, inclut des éléments de torchis et des objets liés à l’agriculture et à l’artisanat. Le chantier de 2009-2011, le plus vaste en Europe pour un oppidum, a permis d’étudier l’organisation interne du site, révélant des enclos d’habitation standardisés et des espaces publics structurés.

Le rempart principal a été inscrit aux monuments historiques le 26 mai 1986. Les vestiges, conservés au Musée de Jublains, témoignent de l’importance stratégique et économique de Moulay, cœur d’un système politique couvrant un territoire équivalent à un département actuel. L’absence de violence dans son abandon interroge encore les archéologues, tandis que les publications futures pourraient éclairer les liens entre les deux enceintes et leur chronologie exacte.

Liens externes