Frise chronologique
-525
Premières traces de négoce avec Massalia
Premières traces de négoce avec Massalia
-525 (≈ 525 av. J.-C.)
Céramiques grecques à figures noires découvertes.
-500 à -475
Apogée des greniers à céréales
Apogée des greniers à céréales
-500 à -475 (≈ 488 av. J.-C.)
Développement des poteries pseudo-ioniennes locales.
-400 à -350
Relance par les Celtes
Relance par les Celtes
-400 à -350 (≈ 375 av. J.-C.)
Échanges vin contre esclaves, reconstruction.
-350 à -200
Âge d’or monétaire
Âge d’or monétaire
-350 à -200 (≈ 275 av. J.-C.)
Abondance d’oboles massaliotes à Apollon.
-125
Croissance sous influence romaine
Croissance sous influence romaine
-125 (≈ 125 av. J.-C.)
Deniers gaulois « au cavalier » apparaissent.
-480/-475
Déclin après victoires phocéennes
Déclin après victoires phocéennes
-480/-475 (≈ 3 av. J.-C.)
Massalia réouvre les voies maritimes.
1993
Classement monument historique
Classement monument historique
1993 (≈ 1993)
Protection des parcelles B 306, 310, 311, 315.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Oppidum en ses parcelles B 306, 310, 311 et 315 : classement par arrêté du 2 décembre 1993
Personnages clés
| Phocéens - Marchands grecs de Massalia |
Fondateurs de l’emporion, partenaires commerciaux. |
| Voconces - Peuple celto-ligure local |
Partenaires des échanges céréaliers et viniques. |
| Celtes - Consommateurs de vin phocéen |
Relancent l’économie par leurs échanges. |
| Jules César - Général romain |
Son siège de Massalia (-49) cause l’abandon. |
Origine et histoire
L’oppidum Saint-Marcel, situé sur la commune du Pègue en Drôme provençale, était un emporion (comptoir commercial grec) actif du VIe siècle av. J.-C. jusqu’en -49. Classé monument historique en 1993, il témoigne des échanges intenses entre Massalia (Marseille) et les peuples locaux, notamment les Voconces, via des poteries pseudo-ioniennes et des amphores à vin. Son rôle économique déclina après la réouverture des routes maritimes par les Phocéens (-480/-475), puis il fut incendié par des pillards.
La première période faste (-525 à -400) révèle un négoce céréalier contre du vin grec, attesté par des céramiques à figures noires et des greniers. Un métissage culturel émerge avec la fabrication locale de poteries pseudo-ioniennes, preuve d’une adoption des pratiques massaliotes. L’oppidum perd cependant de son importance après -450, lorsque Massalia privilégie à nouveau les voies maritimes, le laissant vulnérable aux attaques.
Une seconde phase de prospérité survient grâce aux Celtes, amateurs de vin, qui relancent les échanges (-400 à -350). L’emporion reconstruit ses greniers, et les fouilles montrent une coexistence de céramiques grecques (figures rouges), pseudo-ioniennes et gauloises. Les Celtes, en échangeant des esclaves contre des amphores, dynamisent à nouveau l’économie locale.
La troisième période (-350 à -200) marque l’apogée monétaire du site, avec une abondance de pièces massaliotes (oboles à tête d’Apollon). Cependant, les amphores grecques disparaissent au profit de poteries gauloises, suggérant que les Gaulois, maîtrisant désormais le tonneau, contrôlent le transport du vin. Un creux de 150 ans sépare cette époque de l’arrivée des amphores italo-grecques.
La quatrième et dernière phase (-125 à -49) voit l’oppidum s’adapter à la domination romaine en Provincia. La population croît, et le monnayage évolue vers des deniers gaulois « au cavalier ». Mais le siège de Massalia par César en -49 scelle son déclin : l’emporion, privé de son partenaire commercial, est définitivement abandonné.
Les fouilles archéologiques ont exhumé des traces de ces quatre périodes, révélant un site clé pour comprendre les échanges méditerranéens et le métissage culturel en Gaule méridionale. Les poteries, monnaies et structures de stockage illustrent son rôle pivot entre monde grec et celte, avant son effacement après la conquête romaine.