Frise chronologique
XIIe siècle
Construction de l'édifice octogonal
Construction de l'édifice octogonal
XIIe siècle (≈ 1250)
Fonction initiale indéterminée (chapelle, lanterne des morts).
XIIIe siècle
Utilisation comme reposoir
Utilisation comme reposoir
XIIIe siècle (≈ 1350)
Accueillait le saint sacrement lors de la Fête-Dieu.
XVe siècle
Consécration à Notre-Dame-de-Pitié
Consécration à Notre-Dame-de-Pitié
XVe siècle (≈ 1550)
Changement de vocation de l’oratoire médiéval.
1875
Début de la construction actuelle
Début de la construction actuelle
1875 (≈ 1875)
Confié à l’architecte René-Eugène Dussouchay.
1878
Consécration par l’évêque Freppel
Consécration par l’évêque Freppel
1878 (≈ 1878)
Monument encore inachevé à cette date.
1888
Achèvement des voûtes
Achèvement des voûtes
1888 (≈ 1888)
Dirigé par l’architecte Félix Ruault.
1891
Pose de la flèche et du Christ
Pose de la flèche et du Christ
1891 (≈ 1891)
Commémore la mission des rédemptoristes.
1908
Première restauration partielle
Première restauration partielle
1908 (≈ 1908)
Sculptures des pignons et clochetons terminées.
1965
Dernière procession
Dernière procession
1965 (≈ 1965)
Fin des cérémonies traditionnelles sur le site.
1992
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1992 (≈ 1992)
Protection contre la menace de démolition.
1996
Restauration complète
Restauration complète
1996 (≈ 1996)
Travaux de préservation du monument.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| René-Eugène Dussouchay - Architecte maître d'œuvre |
Conçut le monument en 1875. |
| Charles-Emile Freppel - Évêque d’Angers |
Consacra l’oratoire en 1878. |
| Félix Ruault - Architecte et sculpteur |
Dirigea l’achèvement des voûtes en 1888. |
| Atelier Moisseron et Ruault - Sculpteurs décorateurs |
Participerent à la décoration du monument. |
Origine et histoire
L’oratoire Notre-Dame-de-Pitié d’Angers trouve ses origines dans un édifice octogonal du XIIe siècle, dont la fonction exacte (chapelle funéraire, lanterne des morts ou reposoir) reste incertaine. Au XIIIe siècle, sa chapelle supérieure servait de reposoir pour la procession de la Fête-Dieu, accueillant le saint sacrement. Consacré à Notre-Dame-de-Pitié au XVe siècle, cet oratoire médiéval fut détruit pendant la Révolution, en même temps que la suppression du cimetière paroissial Saint-Laurent.
Au XIXe siècle, des constructions éphémères en bois le remplacèrent annuellement sur la place, jusqu’à ce que l’architecte René-Eugène Dussouchay soit chargé en 1875 d’ériger un monument définitif. Bien qu’inachevé, il fut consacré en 1878 par l’évêque Charles-Emile Freppel. Les voûtes furent ajoutées vers 1888 sous la direction de Félix Ruault, et la flèche, ainsi qu’un Christ en fonte commémorant la mission des pères rédemptoristes, furent posées en 1891. Une première restauration en 1908 acheva partiellement les sculptures, mais certains éléments (contreforts, arcs-boutants) restèrent inachevés.
La dernière procession eut lieu en 1965, et le monument, menacé de démolition, fut classé aux Monuments historiques en 1992. Une restauration complète fut menée en 1996. Aujourd’hui, l’oratoire allie des matériaux variés (granite, schiste, tuffeau, calcaire de Chauvigny) et un plan complexe, mêlant une travée droite voûtée d’ogives et une abside polygonale, surmontée d’une flèche en zinc. Son histoire reflète les évolutions liturgiques, révolutionnaires et architecturales d’Angers.
L’atelier de sculpture Moisseron et Ruault participa à sa décoration, tandis que les escaliers d’accès, initialement prévus de manière plus ambitieuse, disparurent avec le temps. Le reposoir, propriété d’une association, témoigne de la piété mariale et des traditions processionales angevines, tout en illustrant les défis de la préservation du patrimoine du XIXe siècle.