Frise chronologique
1569
Grande peste de Bastia
Grande peste de Bastia
1569 (≈ 1569)
Épidémie stoppée par saint Roch selon la tradition.
1590
Construction initiale
Construction initiale
1590 (≈ 1590)
Oratoire primitif avant reconstruction.
1604
Reconstruction de l'oratoire
Reconstruction de l'oratoire
1604 (≈ 1604)
Agrandissement complet du bâtiment.
1617
Décor en stuc doré
Décor en stuc doré
1617 (≈ 1617)
Réalisé par Francesco Marengo.
1626
Tableau de Giovanni Bilivert
Tableau de Giovanni Bilivert
1626 (≈ 1626)
Représentation de saints et Vierge à l'Enfant.
1692
Sculpture du retable
Sculpture du retable
1692 (≈ 1692)
Maître-autel sculpté à Bastia.
1860
Remodelage du portail
Remodelage du portail
1860 (≈ 1860)
Marbre blanc et coquille de pèlerin.
fin XVIIIe siècle
Statue de saint Roch
Statue de saint Roch
fin XVIIIe siècle (≈ 1895)
Bois polychrome pour processions.
2007
Classement monument historique
Classement monument historique
2007 (≈ 2007)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église ou oratoire (cad. AN 125) : classement par arrêté du 26 juin 2007
Personnages clés
| Saint Roch - Saint protecteur |
Invoqué contre la peste, patron de l'oratoire. |
| Giovanni Bilivert - Peintre florentin |
Auteur du tableau de 1626. |
| Francesco Marengo - Artiste décorateur |
Réalisa les stucs dorés en 1617. |
| Jean-Louis Guasco - Architecte bastiais |
Conçut la façade néoclassique au XIXe. |
Origine et histoire
L'oratoire Saint-Roch, appelé San Roccu en corse, est un édifice religieux situé dans le quartier historique de Terra Vechja à Bastia, sur l'actuelle rue Napoléon. À l'origine, il servait d'oratoire à la confrérie San Roccu, fondée au début du XVIIe siècle par des adolescents corses en réaction à la domination génoise sur la seule confrérie existante, Santa Croce, installée dans la Citadelle. Ce mouvement de sécession reflétait les tensions entre la communauté corse et les autorités génoises, aboutissant à la création de deux nouvelles confréries : San Roccu et celle de l'Immaculée Conception.
La construction de l'oratoire est aussi liée à la grande peste de 1569, qui dévasta Bastia avant de s'arrêter mystérieusement aux portes de la ville, un événement attribué à l'intercession miraculeuse de saint Roch. En remerciement, les Bastiais érigèrent un lieu de culte dédié au saint, protecteur contre les épidémies. L'édifice initial, bâti en 1590, fut entièrement reconstruit et agrandi en 1604. Sa façade actuelle, de style néoclassique, date cependant du XIXe siècle et est l’œuvre de l'architecte bastiais Jean-Louis Guasco, avec un portail en marbre blanc orné d'une coquille de pèlerin, symbole traditionnel.
À l'intérieur, l'oratoire conserve un riche décor inspiré des traditions génoises, avec des damas de soie rouge couvrant les murs et des stucs dorés réalisés en 1617 par Francesco Marengo. Le retable du maître-autel, sculpté à Bastia en 1692, et un tableau de Giovanni Bilivert (1626) représentant saint Roch et d'autres saints aux pieds de la Vierge à l'Enfant comptent parmi ses trésors artistiques. Une statue en bois polychrome de saint Roch, datant de la fin du XVIIIe siècle, est toujours utilisée lors des processions.
L'oratoire joue un rôle central dans la vie religieuse bastiaise, notamment lors de la fête de la Saint-Roch, célébrée chaque 16 août. La confrérie San Roccu organise alors une messe et une procession dans les rues de Terra Vechja, perpétuant une tradition plusieurs fois centenaire. Classé monument historique en 2007, l'édifice incarne à la fois le patrimoine artistique, l'histoire sociale et la piété populaire de la Corse.