Frise chronologique
1889-1890
Construction du fort
Construction du fort
1889-1890 (≈ 1890)
Réponse à la défaite de 1870 face à l’Allemagne.
1909-1912
Modernisation majeure
Modernisation majeure
1909-1912 (≈ 1911)
Ajout tourelles 75 mm, grabenwehren, magasin à munitions.
18 juin 1912
Mise en service des tourelles
Mise en service des tourelles
18 juin 1912 (≈ 1912)
Canons 75 mm opérationnels avant la guerre.
1914
Garnison renforcée
Garnison renforcée
1914 (≈ 1914)
311 hommes et creusement d’abris souterrains.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
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Origine et histoire
L’ouvrage de Chèvremont fut édifié en 1889-1890 comme réponse à la défaite française face à l’Allemagne et au déplacement des frontières vers l’ouest. Intégré au Système Séré de Rivières, ce fort de type à cavalier faisait partie des Fortifications de l’Est, conçues pour renforcer la défense orientale de la France. Il était positionné sur une ancienne redoute de la forteresse de Belfort, à 390 mètres d’altitude, entre les forts des Hautes et Basses Perches, couvrant l’espace entre les forts de Vézelois et de Bessoncourt, ainsi que la ligne ferroviaire Mulhouse-Belfort.
Le fort adopte une forme trapézoïdale, avec une façade orientale plus courte, entouré d’un fossé sec partiellement maçonné. Sa defensivkaserne en pierre et béton, située à l’arrière (kehle), permettait de défendre le fossé via des accès contrôlés, dont une seule passerelle fonctionnelle. Les combatiments étaient déjà en béton armé, une innovation pour l’époque. Le fort abritait des poternes reliant les casemates, les tourelles d’artillerie (deux canons de 75 mm installés en 1912), et un observatoire cuirassé. Une centrale électrique, équipée de deux moteurs et dynamos, alimentait l’éclairage et la ventilation.
Conçu pour une garnison temporaire, le fort accueillait 287 hommes en 1914, portés à 311 pendant la guerre. Il dépendait logistiquement du fort de Bessoncourt pour le pain, mais disposait d’un puits et d’une citerne de 120,8 m3. Aucune liaison optique n’existait avec les autres ouvrages, mais un réseau télégraphique électrique les reliait. Entre 1909 et 1914, des modernisations majeures furent réalisées : ajout de tourelles blindées, de grabenwehren (défenses de fossé), et d’un magasin à munitions. Pendant la Première Guerre mondiale, des abris souterrains furent creusés dans le sol naturel.
L’armement évolua significativement : en 1903, le fort était dépourvu de pièces lourdes ; en 1912, il disposait de deux tourelles à canons de 75 mm et d’un stand de mitrailleuses blindé. Pendant la Seconde Guerre mondiale, tous les éléments métalliques furent démantelés pour la ferraille. Épargné par les combats, le fort reste aujourd’hui en bon état, utilisé par l’armée française pour des exercices, mais inaccessible au public.
Architecturalement, l’ouvrage illustre la transition entre les fortifications maçonnées du XIXe siècle et les structures en béton armé du XXe siècle. Son rôle stratégique était double : verrouiller l’accès à Belfort et protéger la voie ferrée vitale reliant l’Alsace à la Franche-Comté. La Friedenskaserne extérieure, aujourd’hui en ruines, servait de casernement en temps de paix. Les coûts des modernisations (467 000 francs-or en 1900) reflètent l’importance accordée à ce secteur frontalier après 1870.