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Palais d'York à Nice dans les Alpes-Maritimes

Patrimoine classé Patrimoine urbain Immeuble

Palais d'York à Nice

    5 Rue de la Préfecture
    06300 Nice
Propriété privée
Palais dYork à Nice
Palais dYork à Nice
Palais dYork à Nice
Palais dYork à Nice
Palais dYork à Nice
Palais dYork à Nice
Crédit photo : Miniwark - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1762–1768
Construction du palais
23 mai 1775
Anoblissement de Spitalieri
1792
Exil de la famille Spitalieri
1848
Réunions pour Garibaldi
16 décembre 1949
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La façade et la toiture : inscription par arrêté du 16 décembre 1949

Personnages clés

Honoré François Spitalieri de Cessole - Négociant et consul de Nice Commanditaire du palais, anobli en 1775.
Hilarion Spitalieri de Cessole - Président du Sénat de Nice Fonda le Cercle philharmonique, invita Paganini.
Eugène Spitalieri - Abbé mitré de Saint-Pons Donna la bibliothèque familiale à Nice.
Alexandre Dumas - Écrivain Séjourna à l’hôtel d’York en 1851.
Giuseppe Garibaldi - Héros italien Banquets en son honneur en 1848.

Origine et histoire

Le palais d’York, initialement appelé hôtel Spitalieri de Cessole, fut édifié entre 1762 et 1768 sur un terrain acquis par Honoré François Spitalieri, négociant niçois issu d’une famille enrichie dans le commerce depuis le XVIe siècle. Ce terrain, situé place Saint-Dominique (actuelle place du Palais), appartenait autrefois au monastère cistercien de Saint-Étienne. Spitalieri, devenu 2e consul de Nice en 1755 et 1762, fit construire ce palais pour affirmer son statut social, tout en investissant dans l’immobilier, une pratique courante parmi les bourgeois niçois de l’époque. Les façades, sobres mais élégantes, masquent des intérieurs richement décorés, typiques des demeures aristocratiques piémontaises.

Honoré François Spitalieri, anobli en 1775 après l’achat du fief de Cessole en Piémont, transforma son nom en Spitalieri de Cessole. L’hôtel abritait aussi le consulat de France jusqu’à la Révolution. À partir de 1787, une partie du bâtiment devint l’hôtel d’York, l’un des premiers hôtels pour voyageurs de Nice, fréquenté par des personnalités comme Alexandre Dumas (1851) ou le grand-duc Michel (1837). Le palais fut également le théâtre d’événements politiques, accueillant des réunions en 1848 en l’honneur de Garibaldi et des débats lors de l’annexion de Nice à la France en 1860.

La famille Spitalieri, alliée à des lignées nobles locales (Ripert de Monclar, Raynardi), quitta Nice en 1792 lors de l’arrivée des troupes révolutionnaires françaises, avant d’y revenir après 1800. Hilarion Spitalieri (1776–1845), premier président du Sénat de Nice, y fonda le Cercle philharmonique et invita Paganini en 1836. Son frère Eugène, dernier abbé mitré de Saint-Pons, légua la bibliothèque familiale à la ville en 1937. Le palais, inscrit aux monuments historiques en 1949, conserve aujourd’hui une cage d’escalier remarquable, un balcon et une porte cochère en grille, témoignages de son faste passé.

Le quartier autour de la place Saint-Dominique, alors cœur de la vie mondaine niçoise, vit s’élever plusieurs hôtels particuliers au XVIIIe siècle, reflétant l’ascension des familles marchandes. Ces résidences, souvent partagées entre propriétaires et locataires, contribuèrent à la hausse des loyers, poussant le roi Charles-Emmanuel III à réglementer la spéculation immobilière. L’hôtel d’York, avec ses bandeaux de stuc et ses décors intérieurs, illustre ce mélange d’austérité extérieure et de luxe discret, caractéristique de l’architecture niçoise de l’époque.

Après la Restauration sarde (1815), le palais retrouva son prestige : Hilarion Spitalieri y organisa des salons culturels, tandis que l’hôtel d’York accueillait une clientèle internationale, symbole du tourisme naissant à Nice. En 1860, lors du rattachement à la France, le bâtiment fut le cadre de dîners politiques. Aujourd’hui, seuls la façade, la toiture et certains éléments intérieurs (escalier, balcon) sont protégés, rappelant son rôle central dans l’histoire sociale et politique de la ville.

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