Frise chronologique
1518-1522
Construction de la Chambre Dorée
Construction de la Chambre Dorée
1518-1522 (≈ 1520)
Début des travaux sous Louis XII.
1549
Édification de la Tournelle
Édification de la Tournelle
1549 (≈ 1549)
Extension du palais.
1580
Achèvement de la Salle Saint Louis
Achèvement de la Salle Saint Louis
1580 (≈ 1580)
Façade Renaissance et porte sculptée.
1688
Plafond de la Chambre des Requêtes
Plafond de la Chambre des Requêtes
1688 (≈ 1688)
Allégorie de la justice par Gabriel Revel.
1862
Construction de la salle des assises
Construction de la salle des assises
1862 (≈ 1862)
Remplacement de l’ancienne Grand’ Chambre.
15 février 1926
Classement monument historique
Classement monument historique
15 février 1926 (≈ 1926)
Protection des éléments architecturaux.
1989
Déménagement vers la Cité judiciaire
Déménagement vers la Cité judiciaire
1989 (≈ 1989)
Transfert des tribunaux, sauf Cour d’appel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Grande salle des Pas-Perdus : façades, murs, voûtes, charpentes, combles et couvertures de la salle ; porche et perron extérieurs placés contre la face Nord ; petite chapelle intérieure dans le mur Sud. Salle des assises : murs, plafond avec sa charpente, combles, couvertures de la salle et des couloirs longeant à l'extérieur les côtés Nord-Est et Sud de la salle. Chambre civile : murs, lambris, plafond, charpente des combles, couvertures et couloirs longeant les côtés Nord et Sud de cette chambre. Dégagement et vestibules situés dans le prolongement et à l'Ouest de la chambre civile : murs, plafond, combles et couvertures. Salle de la bibliothèque et des audiences privées : murs, plafonds, combles et couvertures. Cour intérieure au Sud de la bibliothèque : façades. Vestibules de la salle et du conseil des avocats : murs, planchers, combles et couvertures. Salle du conseil des avocats : murs, cheminées, planchers, combles et couvertures : classement par arrêté du 15 février 1926
Personnages clés
| Louis XII - Roi de France |
Commanditaire de la Chambre Dorée. |
| Hugues Sambin - Sculpteur renaissance |
Auteur de la porte de la Salle Saint Louis. |
| Gabriel Revel - Peintre académique |
Créateur de l’allégorie de la justice (1688). |
| Louis XIII - Roi de France |
Période de remaniement du plafond. |
| Henry II - Roi de France |
Lettre « H » sur une porte. |
| Catherine de Médicis - Reine de France |
Lettre « C » sur une porte. |
| Diane de Poitiers - Favorite royale |
Lettre « C » inversé sur une porte. |
Origine et histoire
Le palais de justice de Dijon, ancien Parlement de Bourgogne, fut construit à partir de 1518 sous l’impulsion de Louis XII. La Chambre Dorée, achevée en 1522, symbolise ce début des travaux, suivie par la Tournelle (1549) et la Salle Saint Louis (1580), cette dernière ornée d’une porte sculptée par Hugues Sambin. Le bâtiment mêle influences Renaissance et ajouts ultérieurs, comme la Chambre des Requêtes (XVIIe siècle) ou les restaurations du XIXe siècle, incluant le déplacement de la Chapelle du Saint-Esprit.
De 1480 à 1789, le palais abritait le Parlement de Dijon, institution judiciaire majeure sous l’Ancien Régime. Après la Révolution, il accueillit le Tribunal de première instance puis le Tribunal de grande instance jusqu’en 1989, date à laquelle ces juridictions déménagèrent vers la Cité judiciaire. Seule la Cour d’appel y siège encore aujourd’hui. Le monument, classé en 1926, conserve des éléments remarquables comme la salle des Pas Perdus (style néogothique) ou la salle des assises, construite en 1862 avec un plafond hérité de l’ancienne chambre des comptes.
L’architecture intérieure révèle des trésors artistiques : la Chambre Dorée, avec ses caissons ornés de motifs royaux et bibliques, ou la salle des enquêtes (actuelle bibliothèque), décorée d’une allégorie de la justice et de symboles traditionnels (balance, glaive). La Grand’ Chambre, cœur historique du Parlement, et la chambre de la Tournelle, avec sa cheminée monumentale du XVIIe siècle, illustrent l’évolution des lieux. Des œuvres comme les vitraux de la Chambre Dorée ou la porte en bois sculpté de la chapelle témoignent du patrimoine préservé.
Les transformations successives reflètent les besoins judiciaires et les goûts architecturaux. Au XVIe siècle, le bâtiment incarne le pouvoir royal (lettres « L » et « A » pour Louis XIII et Autriche), tandis qu’au XIXe siècle, des restaurations intègrent des éléments comme la maxime non omnis moriar dans la salle des assises. La courette, avec ses arcades et son puits, rappelle l’ancienne conciergerie, vestige des prisons du palais.
Aujourd’hui, le palais de justice de Dijon reste un symbole juridique et patrimonial. Son classement comme monument historique protège des espaces comme la salle des Pas Perdus, la Chambre Dorée ou la cour intérieure. Bien que partiellement désaffecté au profit de la Cité judiciaire (1989), il conserve une fonction active avec la Cour d’appel, tout en offrant un témoignage exceptionnel de l’histoire judiciaire bourguignonne.