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Palais de justice d'Agen dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé Patrimoine urbain Palais de justice

Palais de justice d'Agen

    Place Armand-Fallières
    47000 Agen
Propriété du département
Palais de justice dAgen
Palais de justice dAgen
Palais de justice dAgen
Palais de justice dAgen
Palais de justice dAgen
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1853
Décision de construction
1862
Pose de la première pierre
1869
Achèvement des travaux
2 mars 1979
Première inscription MH
14 août 2024
Retrait de l’inscription
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le Palais de Justice, en totalité, situé sur la parcelle 86, figurant en section BC, conformément au plan annexé à l'arrêté : inscription par arrêté du 14 août 2024

Personnages clés

Juste Lisch - Architecte Concepteur du palais, élève de Vaudoyer.
Victor de Persigny - Ministre de l’Intérieur Pose la première pierre en 1862.

Origine et histoire

Le palais de justice d’Agen fut construit pour remplacer l’ancien présidial, installé dans l’actuel hôtel de ville, devenu inadapté aux besoins du Second Empire. En 1853, le conseil général de Lot-et-Garonne lance le projet d’un nouveau palais, confié à l’architecte Juste Lisch, formé par Léon Vaudoyer et Henri Labrouste. Le choix de l’emplacement, proche de la prison, reflète la volonté de centraliser les institutions judiciaires et pénitentiaires, symbole d’ordre et d’autorité sous Napoléon III.

La première pierre est posée en 1862 par le ministre de l’Intérieur Victor de Persigny, marquant le début d’un chantier ambitieux. Les travaux s’achèvent en 1869, donnant naissance à un édifice sévère inspiré de l’architecture grecque, avec une façade de 63 mètres ornée d’un portique corinthien et d’un escalier monumental. Deux statues allégoriques, représentant la Loi et le Droit, encadrent l’accès, tandis que la cour d’honneur, fermée par une grille en fer forgé, souligne la solennité du lieu.

À l’intérieur, la salle des pas perdus, de style Napoléon III, distribue quatre chambres d’audience. Son décor comprend des pilastres, des lampadaires à colonnes et des cariatides soutenant un plafond à caissons. La cour d’assises, quant à elle, conserve un décor peint néo-pompéien (étoiles, grecques, spirales) et se termine en abside, témoignant du faste réservé à la justice impériale. Ces éléments artistiques visent à impressionner et à rappeler la puissance de l’État.

Le palais est inscrit aux monuments historiques en 1979, reconnaissance de sa valeur patrimoniale. Cependant, son statut juridique évolue : l’arrêté d’inscription du 13 juillet 2023 est remplacé, puis annulé par celui du 14 août 2024, sans que les sources précisent les motivations de ces décisions administratives. Ces changements soulignent les enjeux contemporains de préservation et de gestion du patrimoine judiciaire.

L’œuvre de Juste Lisch s’inscrit dans un courant architectural du XIXe siècle où les édifices publics, comme les palais de justice, deviennent des outils de légitimation du pouvoir. À Agen, ce monument incarne à la fois l’héritage gréco-romain idéalisé par le Second Empire et les ambitions modernes d’une ville en développement, alors préfecture de Lot-et-Garonne. Son histoire reflète ainsi les tensions entre tradition classique et mutations urbaines.

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