Origine et histoire du Palais de justice
Le palais de justice de Blois, situé place de la République, a été construit en 1843 pour remplacer l’ancien édifice médiéval jugé vétuste. Son emplacement sur le plateau de la ville répondait à une volonté municipale de désengorger le centre historique et de regrouper les bâtiments administratifs dans un nouveau quartier, proche de la préfecture. Le projet, confié à l’architecte Édouard Massé (ou Macé selon les sources), s’inspire du palais de justice d’Angoulême, avec un style néoclassique marqué par un pronaos à colonnes doriques et un fronton sculpté.
L’ancien palais, installé depuis 1429 au-dessus de la halle médiévale près du cimetière Saint-Solenne, était en ruine au début du XIXe siècle. En 1822, l’architecte Pinault constata l’impossibilité de le rénover, déclenchant le projet de relocation. Un concours national fut lancé en 1838, remporté par Massé, dont le plan prévoyait une salle des pas perdus et une salle d’audience centrale, flanquées de deux ailes abritant les bureaux. Les boiseries d’origine dans les salles d’audience sont toujours conservées.
La première pierre fut posée le 29 août 1843 par l’évêque de Blois, et les travaux s’achevèrent en 1849. Le fronton, orné d’une statue allégorique de La Justice assise par le sculpteur Loison, fut imposé par le Conseil général malgré les recommandations initiales pour un autre artiste. Le monument, propriété du département de Loir-et-Cher, fut inscrit à l’inventaire des monuments historiques le 14 décembre 1977 pour ses façades, toitures, et salles emblématiques.
Son architecture se distingue par un soubassement surélevé accessible par un perron de dix marches, une façade principale monumentale avec un avant-corps à colonnes doriques, et des métopes ornées de patères. Les façades latérales, plus sobres, contrastent avec ce traitement solennel. Le portique d’entrée, couvert de caissons, est encadré de reliefs allégoriques, soulignant la fonction symbolique du bâtiment.
Le choix de son emplacement, sur l’ancien couvent des Cordeliers dans le quartier d’Angleterre, s’inscrivait dans une politique urbaine plus large visant à moderniser Blois. Ce nouveau quartier administratif, créé hors les murs, marquait une rupture avec la concentration médiévale des institutions dans le centre-ville. Le palais incarne ainsi la transition entre la ville ancienne et son développement au XIXe siècle.