Frise chronologique
1429
Installation du premier palais
Installation du premier palais
1429 (≈ 1429)
Transfert de la justice dans la halle municipale.
1822
Diagnostic de vétusté
Diagnostic de vétusté
1822 (≈ 1822)
Rapport de Pinault sur l’ancien palais.
1838
Concours national
Concours national
1838 (≈ 1838)
Lancement du projet pour un nouveau bâtiment.
29 août 1843
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
29 août 1843 (≈ 1843)
Cérémonie présidée par l’évêque de Blois.
1849
Achèvement des travaux
Achèvement des travaux
1849 (≈ 1849)
Fin de la construction du palais actuel.
14 décembre 1977
Inscription monument historique
Inscription monument historique
14 décembre 1977 (≈ 1977)
Protection des façades et salles emblématiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; salle d'audience et salle des Pas Perdus (cad. DO 14) : inscription par arrêté du 14 décembre 1977
Personnages clés
| Édouard Massé (ou Macé) - Architecte |
Auteur du projet retenu en 1838. |
| Pinault - Architecte expert |
Diagnostiqua la ruine de l’ancien palais. |
| Loison - Sculpteur |
Réalisa *La Justice assise* du fronton. |
| Évêque de Blois - Dignitaire religieux |
Posa la première pierre en 1843. |
Origine et histoire
Le palais de justice de Blois, situé place de la République, a été construit en 1843 pour remplacer l’ancien édifice médiéval jugé vétuste. Son emplacement sur le plateau de la ville répondait à une volonté municipale de désengorger le centre historique et de regrouper les bâtiments administratifs dans un nouveau quartier, proche de la préfecture. Le projet, confié à l’architecte Édouard Massé (ou Macé selon les sources), s’inspire du palais de justice d’Angoulême, avec un style néoclassique marqué par un pronaos à colonnes doriques et un fronton sculpté.
L’ancien palais, installé depuis 1429 au-dessus de la halle médiévale près du cimetière Saint-Solenne, était en ruine au début du XIXe siècle. En 1822, l’architecte Pinault constata l’impossibilité de le rénover, déclenchant le projet de relocation. Un concours national fut lancé en 1838, remporté par Massé, dont le plan prévoyait une salle des pas perdus et une salle d’audience centrale, flanquées de deux ailes abritant les bureaux. Les boiseries d’origine dans les salles d’audience sont toujours conservées.
La première pierre fut posée le 29 août 1843 par l’évêque de Blois, et les travaux s’achevèrent en 1849. Le fronton, orné d’une statue allégorique de La Justice assise par le sculpteur Loison, fut imposé par le Conseil général malgré les recommandations initiales pour un autre artiste. Le monument, propriété du département de Loir-et-Cher, fut inscrit à l’inventaire des monuments historiques le 14 décembre 1977 pour ses façades, toitures, et salles emblématiques.
Son architecture se distingue par un soubassement surélevé accessible par un perron de dix marches, une façade principale monumentale avec un avant-corps à colonnes doriques, et des métopes ornées de patères. Les façades latérales, plus sobres, contrastent avec ce traitement solennel. Le portique d’entrée, couvert de caissons, est encadré de reliefs allégoriques, soulignant la fonction symbolique du bâtiment.
Le choix de son emplacement, sur l’ancien couvent des Cordeliers dans le quartier d’Angleterre, s’inscrivait dans une politique urbaine plus large visant à moderniser Blois. Ce nouveau quartier administratif, créé hors les murs, marquait une rupture avec la concentration médiévale des institutions dans le centre-ville. Le palais incarne ainsi la transition entre la ville ancienne et son développement au XIXe siècle.