Origine et histoire du Palais de justice
Le palais de justice de Laval trouve ses origines dans le château médiéval de la ville, transformé après la Révolution en siège judiciaire. À partir de 1789, la galerie Renaissance du Château Neuf est aménagée pour accueillir les tribunaux, tandis que le Château Vieux devient une prison. Ces bâtiments, vétustes à la fin du XXe siècle, voient une cloison s’effondrer en 1998, accélérant la décision de construire un nouveau palais. Le site choisi, sur la place Saint-Tugal, était occupé par un immeuble du XIXe siècle abritant la maison des associations, démoli en 2003.
La conception du nouveau palais, inauguré en 2006 par le ministre de la Justice Pascal Clément, est signée par l’architecte Jean-Loup Roubert. L’édifice, mêlant bois, verre et pierre, s’inspire du paysage urbain historique de Laval, dominé par le tuffeau et les maisons à pans de bois. Sa façade intègre même la verrière de l’ancien magasin À la Ménagère (1911), détruit en 2002. Les fouilles liées à sa construction ont par ailleurs mis au jour les ruines de la collégiale Saint-Tugal, rasée pendant la Révolution.
Le palais actuel remplace ainsi des structures judiciaires installées depuis 1789 dans le château de Laval, lui-même marqué par des phases de construction médiévales (XIe–XIIIe siècles) et Renaissance (galerie du XVIe siècle). Cette galerie, agrandie au XIXe siècle par l’architecte Pierre-Aimé Renoulx avec des pavillons et une aile sud, avait été adaptée pour devenir le siège du tribunal. Les travaux de Renoulx (1851–1857) avaient reproduit le décor Renaissance des travées originales, illustrant la volonté de préserver un héritage architectural tout en l’adaptant à des usages modernes.
Avant sa transformation judiciaire, le château de Laval était une forteresse stratégique depuis le XIe siècle, remaniée en résidence seigneuriale aux XVe et XVIe siècles. La galerie Renaissance, construite vers 1542 sous la direction de Jean Garnyer pour Guy 17, dominait la Mayenne et symbolisait le pouvoir comtal. Après la Révolution, sa vocation changea radicalement, passant de lieu de représentation à espace public, avant que son état ne justifie son remplacement par le bâtiment actuel.
Les matériaux du nouveau palais — pierre, verre, bois — et ses couleurs (marron, gris, blanc) évoquent volontairement le patrimoine local, notamment le tuffeau et les structures médiévales. L’intégration d’éléments historiques, comme la verrière de 1911 ou les vestiges de la collégiale, souligne la continuité entre passé et présent, tout en répondant aux besoins fonctionnels d’un tribunal du XXIe siècle.