Frise chronologique
2e moitié du XVe siècle
Construction de l’hôtel de Ménoc
Construction de l’hôtel de Ménoc
2e moitié du XVe siècle (≈ 1550)
Logis noble pour Guillaume de Cousdun.
Fin XVIe siècle
Transformation en temple protestant
Transformation en temple protestant
Fin XVIe siècle (≈ 1695)
Démoli en 1646.
1843–1846
Conversion en palais de justice
Conversion en palais de justice
1843–1846 (≈ 1845)
Travaux de Pierre Segrétain, style néo-gothique.
1863
Agrandissement ouest
Agrandissement ouest
1863 (≈ 1863)
Nouvelle aile par Pierre Murisson.
16 mai 1911
Classement des tours
Classement des tours
16 mai 1911 (≈ 1911)
Protection des deux tours médiévales.
14 mars 2013
Inscription totale du bâtiment
Inscription totale du bâtiment
14 mars 2013 (≈ 2013)
Inclut vestiges archéologiques potentiels.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les deux tours dites de l'Evêché : classement par arrêté du 16 mai 1911 - L'hôtel de Ménoc, ancien palais du justice, en totalité, à l'exclusion des parties classées (cad. AI 114), ainsi que le sol de la parcelle pouvant receler des vestiges archéologiques : inscription par arrêté du 14 mars 2013
Personnages clés
| Guillaume de Cousdun - Seigneur des Ousches, chevalier |
Commanditaire présumé du logis (XVe siècle). |
| Jean Ier de Cousdun - Ancêtre de Guillaume |
Mariage à l’origine du nom *hôtel de Ménoc*. |
| Abraham Levesque - Médecin, sieur de Marconnay |
Propriétaire au XVIIe siècle. |
| Pierre Segrétain - Architecte (XIXe siècle) |
Transforma l’hôtel en palais de justice. |
| Pierre Murisson - Architecte (XIXe siècle) |
Agrandit le tribunal en 1863. |
Origine et histoire
Le palais de justice de Melle trouve ses origines dans un logis noble du XVe siècle, probablement construit pour Guillaume de Cousdun, chevalier et seigneur des Ousches, comme l’attestent les armoiries familiales gravées sur une fenêtre et une porte. Cet hôtel, initialement nommé hôtel de Ménoc en référence à un mariage du XIVe siècle, fut partiellement transformé en temple protestant à la fin du XVIe siècle, avant d’être démoli en 1646. Au XVIIe siècle, il appartint à Abraham Levesque, médecin, ce qui pourrait expliquer son surnom ultérieur « l’Évêché », attesté au XVIIIe siècle.
En 1841, l’architecte Pierre Segrétain fut chargé de convertir l’hôtel en palais de justice après l’abandon d’un projet néo-classique. Les travaux (1843–1846) conservèrent uniquement deux tours médiévales et un pan de mur, tout en ajoutant des éléments néo-gothiques fantasques, comme des voûtes à pendentifs et des escaliers en vis. Un jardin fut aménagé en 1858 à l’ouest, après la démolition de maisons adjacentes. En 1863, l’architecte Pierre Murisson agrandit le tribunal vers l’ouest, préservant intacte la salle d’audience et son décor d’origine.
L’édifice allie ainsi des vestiges médiévaux (tours à flèches de pierre, escaliers couverts de voûtes nervurées) et des ajouts du XIXe siècle, comme le toit à longs pans ou la terrasse ouest. Classé Monument Historique dès 1911 pour ses tours, il fut entièrement inscrit en 2013, incluant les vestiges archéologiques potentiels du sol. Propriété communale, il témoigne de l’évolution architecturale et judiciaire de Melle, depuis son rôle de logis seigneurial jusqu’à sa fonction actuelle.
Parmi les détails remarquables, on note des voûtes sur pendentifs (rareté constructive) et une distribution spatiale atypique, reflétant les adaptations successives. Les armoiries des Cousdun, visibles sur la tour sud, rappellent l’origine noble du lieu, tandis que les sculptures « fantasques » illustrent la créativité des artisans des différentes époques. Le bâtiment incarne ainsi un palimpseste architectural, où chaque strate raconte un chapitre de l’histoire locale.