Origine et histoire du Palais de justice
Le palais de justice de Metz, situé dans le quartier Metz‑Centre, abrite les tribunaux de la ville et la Cour d'appel de Metz. Bâti en pierre de Jaumont, cet édifice imposant était à l'origine destiné à la résidence du gouverneur militaire et des intendants de la province des Trois‑Évêchés. Dès 1728, le maréchal Charles Louis Auguste Fouquet de Belle‑Isle entreprend de repenser l'urbanisme de Metz : après l'édification d'un nouveau théâtre sur l'île du Petit Saulcy, il projette d'ouvrir le quartier de la cathédrale en créant une place royale centrale entourée de bâtiments publics. Après de longues négociations avec le clergé et les notables, Blondel est chargé du projet d'hôtel de ville, puis, en 1777, Charles‑Louis Clérisseau reçoit la responsabilité des plans de l'hôtel du Gouvernement, futur palais de justice. Sur ordre du roi, la construction démarre en 1776 à proximité de la citadelle et se poursuit jusqu'en 1791 ; la Révolution empêche l'achèvement complet et laisse inachevée la façade donnant sur la rue du Juge Michel. Les mouvements populaires entraînent la destruction de plusieurs sculptures et des trois bas‑reliefs de la façade arrière. L'édifice est toutefois utilisé pendant la Révolution comme siège de l'administration départementale puis comme tribunal révolutionnaire, et il devient officiellement palais de justice en 1812 sous l'Empire. Architectoniquement, le bâtiment se compose de trois corps en U, fermés au sud par des pavillons encadrant un portail monumental et entourant une vaste cour intérieure dont les façades est et ouest sont ornées de bas‑reliefs. Les façades en pierre de Jaumont rappellent la vocation militaire première du lieu. Le portail, encadré de deux trophées, est surmonté d'un groupe sculpté intitulé « la France veillant sur ses enfants » ; dans le fronton gauche, Hercule symbolise la force, tandis que Minerve casquée, dans le fronton droit, représente la science militaire. Les bas‑reliefs évoquent des épisodes historiques : la première aile, à gauche, montre le duc de Guise portant secours aux soldats blessés abandonnés par Charles‑Quint lors du siège de 1552 ; la seconde, à droite, rappelle que La Fayette, alors officier de la garnison de Metz, décida de partir pour l'Amérique. Un autre bas‑relief décrit la guérison de Louis XV à Metz. Dans la cour, des statues de guerriers — dont le duc de Guise, le duc de Montmorency, le maréchal de Vieilleville, le duc de Broglie et le duc de Gonnord — se dressent sur les corniches des portes latérales, tandis que, côté jardin Boufflers, figurent Turenne et le maréchal de Luxembourg. Le palais comporte plusieurs salles judiciaires : cour d'instance, cour de grande instance, cour d'appel, juridiction correctionnelle, chambre d'instruction, service de police et chambre de cassation ; la dernière condamnation à mort y a été prononcée en 1967. Deux escaliers de pierre desservent les étages, celui de l'aile droite étant particulièrement monumental. Le palais de l'Intendant royal, aujourd'hui préfecture, est moins imposant, reflet du fait que le gouverneur, et non l'intendant, détenait le pouvoir à Metz. Le palais de justice est classé au titre des monuments historiques : ses façades et toits le sont depuis 1921, et son vestibule reçoit une protection en 1929. En tant que bâtiment historique, il ne dispose pas de rampes d'accès pour les personnes handicapées. Des ressources et illustrations sur le palais sont disponibles dans les bases Mérimée et sur Wikimedia Commons.