Frise chronologique
1728
Début de la modernisation urbaine
Début de la modernisation urbaine
1728 (≈ 1728)
Projet du maréchal de Belle-Isle pour Metz.
1776-1791
Construction du palais
Construction du palais
1776-1791 (≈ 1784)
Interrompue par la Révolution française.
1791
Destructions révolutionnaires
Destructions révolutionnaires
1791 (≈ 1791)
Sculptures et bas-reliefs endommagés.
1812
Devenir palais de justice
Devenir palais de justice
1812 (≈ 1812)
Conversion sous l’Empire.
1921
Classement monument historique
Classement monument historique
1921 (≈ 1921)
Façades et toitures protégées.
1929
Extension du classement
Extension du classement
1929 (≈ 1929)
Vestibule classé.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades, cour et grand escalier : classement par arrêté du 4 avril 1921 ; Deux vestibules précédant le grand escalier : classement par arrêté du 14 juin 1929
Personnages clés
| Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle - Maréchal et urbaniste |
Initiateur de la modernisation de Metz. |
| Jacques-François Blondel - Architecte |
Conçoit l’hôtel de ville de Metz. |
| Charles-Louis Clérisseau - Architecte du palais |
Auteur des plans en 1777. |
| La Fayette - Officier et figure historique |
Évoqué dans un bas-relief du palais. |
Origine et histoire
Le palais de justice de Metz, situé dans le quartier Metz-Centre, fut à l’origine conçu pour abriter la résidence du gouverneur militaire royal et des intendants de la province des Trois-Évêchés. Ce projet s’inscrit dans une volonté d’urbanisme inspirée des Lumières, portée par le maréchal Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle à partir de 1728. L’objectif était de moderniser Metz en créant une place royale centrale entourée de bâtiments publics, dont un théâtre et un nouvel hôtel de ville confié à l’architecte Jacques-François Blondel. Ce contexte ambitieux aboutit, en 1777, à la commande des plans de l’hôtel du Gouvernement – futur palais de justice – à l’architecte Charles-Louis Clérisseau.
La construction du bâtiment, ordonné par le roi pour loger le gouverneur militaire, débute en 1776 à proximité de la citadelle. Les travaux, interrompus par la Révolution en 1791, laissent inachevée la façade côté rue du Juge Michel, tandis que des sculptures et bas-reliefs sont détruits lors des émeutes. Malgré cela, l’édifice est terminé sous la Révolution et converti en siège de l’administration départementale, puis en tribunal révolutionnaire. En 1812, sous l’Empire, il devient officiellement un palais de justice, fonction qu’il conserve encore aujourd’hui.
L’architecture du palais, organisée en U autour d’une cour intérieure, mêle symboles militaires et allégories. Les façades en pierre de Jaumont, ornées de bas-reliefs, évoquent des épisodes historiques comme le siège de Metz en 1552 ou le départ de La Fayette pour les Amériques. Le portail monumental, surmonté d’une sculpture représentant la France veillant sur ses enfants, est encadré de trophées et de figures allégoriques, dont Hercule pour la force et Minerve pour la science militaire. Classé monument historique en 1921 pour ses façades et toitures, puis en 1929 pour son vestibule, le palais incarne à la fois le pouvoir judiciaire et l’héritage architectural des Lumières.