Construction du palais 1894-1897 (≈ 1896)
Œuvre de Skjöld Neckelmann dans la Neustadt.
1918
Siège du Soviet Suprême
Siège du Soviet Suprême 1918 (≈ 1918)
Remplacement des symboles impériaux par Karl Marx.
2 juillet 1992
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques 2 juillet 1992 (≈ 1992)
Protection des façades et décors intérieurs.
2014-2016
Rénovation majeure
Rénovation majeure 2014-2016 (≈ 2015)
Projet de Jordi Garcés, coût 63,2 M€.
6 mars 2017
Inauguration après rénovation
Inauguration après rénovation 6 mars 2017 (≈ 2017)
Présence du garde des Sceaux Urvoas.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures du bâtiment d'origine, y compris les deux pylônes devant la façade principale et la clôture de la cour postérieure ; à l'intérieur : le vestibule d'entrée, la salle des pas-perdus avec ses escaliers et galeries ; les salles d'audience avec leurs lambris et plafonds stuqués ou lambrissés (cad. 80 119) : inscription par arrêté du 2 juillet 1992
Personnages clés
Skjöld Neckelmann - Architecte
Concepteur du palais entre 1894-1897.
Jordi Garcés - Architecte catalan
Dirige la rénovation (2014-2016).
Jean-Jacques Urvoas - Garde des Sceaux
Inaugure le palais rénové en 2017.
Origine et histoire du Palais de justice
Le palais de justice de Strasbourg, construit entre 1894 et 1897 par l’architecte Skjöld Neckelmann, s’inscrit dans l’aménagement urbain de la Neustadt, le « nouveau quartier » impérial allemand de Strasbourg. Il remplace l’ancien tribunal installé rue de la Nuée-Bleue depuis 1789, marquant ainsi une modernisation des infrastructures judiciaires sous administration allemande. Le bâtiment, de style monumental, reflète les ambitions architecturales de l’époque, avec des façades et une salle des pas-perdus caractéristiques.
Durant la Révolution de 1918, le palais devient brièvement le siège du Soviet Suprême de Strasbourg. Les symboles impériaux allemands, comme les portraits des souverains et le buste de l’empereur, sont retirés et remplacés par celui de Karl Marx, illustrant les bouleversements politiques de cette période. Ce épisode éphémère témoigne des tensions sociales et des changements de régime qui marquent l’Alsace après la Première Guerre mondiale.
Le palais a abrité jusqu’aux années récentes la cour d’assises du Bas-Rhin, le tribunal d’instance et le tribunal de grande instance. En 1992, plusieurs de ses éléments — façades, toitures, pylônes d’entrée, vestibule, salle des pas-perdus et salles d’audience — sont inscrits aux monuments historiques, reconnaissant leur valeur patrimoniale. Ces protections concernent aussi les décors intérieurs, comme les lambris et plafonds stuqués, typiques de l’artisanat de la fin du XIXe siècle.
Entre 2014 et 2016, un chantier majeur de rénovation, dirigé par l’architecte catalan Jordi Garcés, modernise le bâtiment pour un coût de 63,2 millions d’euros. Pendant les travaux, les services judiciaires sont relogés dans des locaux provisoires, dont un bâtiment place d’Islande. Le palais rénové est inauguré en mars 2017 par le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, marquant son retour comme pôle judiciaire central de Strasbourg.
Aujourd’hui, le palais de justice de Strasbourg reste un symbole à la fois de l’héritage architectural allemand dans la ville et de la continuité des institutions judiciaires françaises en Alsace. Son emplacement dans la Neustadt, quartier classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2017, renforce son importance historique et urbaine.