Origine et histoire du Palais
Le palais de la Cité, situé sur l’île de la Cité à Paris, fut la résidence et le siège du pouvoir des rois de France du Xe au XIVe siècle. Il abritait également les principales cours de justice, un rôle qu’il conserva jusqu’à l’époque contemporaine. À l’origine, le site était occupé dès l’Antiquité par un castellum romain et une basilique, avant de devenir une forteresse mérovingienne puis carolingienne. Les Capétiens, à partir d’Hugues Capet, en firent leur palais permanent, transformant progressivement l’ancienne citadelle en un complexe administratif et judiciaire.
Au Moyen Âge, le palais connut des agrandissements majeurs sous les règnes de Louis VI, Philippe Auguste, et surtout Saint Louis, qui y fit construire la Sainte-Chapelle (1242-1248) pour abriter les reliques du Christ. Philippe IV le Bel reconstruisit entièrement le palais entre 1302 et 1313, y ajoutant la Grand-Salle, symbole du pouvoir royal, et des espaces dédiés au Parlement. Après l’abandon du palais comme résidence par Charles V en 1360, une partie fut convertie en prison d’État en 1370, donnant naissance à la Conciergerie, tristement célèbre pour son rôle pendant la Révolution française.
La Conciergerie devint sous la Terreur (1793-1795) l’antichambre de la guillotine, où furent emprisonnés des milliers de condamnés, dont Marie-Antoinette et Robespierre. Le Tribunal révolutionnaire y siégeait, et les cachots, comme la salle des Gardes ou la cour des Femmes, reflétaient une hiérarchie carcérale brutale. Après la Révolution, le palais devint définitivement un lieu judiciaire, abritant le Tribunal de Cassation et d’autres institutions. Les incendies du XVIIIe et XIXe siècles (notamment en 1776 et 1871) détruisirent une grande partie des bâtiments médiévaux, mais la Sainte-Chapelle et les tours du quai de l’Horloge subsistent comme témoignages de son passé.
Au XIXe siècle, des restaurations majeures, menées par des architectes comme Joseph-Louis Duc, transformèrent le palais en un ensemble néoclassique et néogothique, tout en préservant certains vestiges. La Conciergerie, classée monument historique, est aujourd’hui ouverte au public et gérée par le Centre des monuments nationaux. Elle permet de découvrir les cellules révolutionnaires, la salle des Gardes, et la chapelle des Girondins, lieux chargés d’histoire où se croisèrent pouvoir royal, justice, et répression.
Les fouilles archéologiques et les sources médiévales (comme les journaux du Trésor sous Philippe IV) ont permis de reconstituer partiellement l’évolution du palais, des remparts gallo-romains aux salles gothiques. Malgré les destructions, le site reste un symbole de la centralisation monarchique et des bouleversements révolutionnaires, où se mêlent architecture sacrée, pouvoir politique, et mémoire carcérale.