Origine et histoire du Palais de Via
Le Palais de Via, initialement appelé château du Roi, fut construit au XIVe siècle à Cahors par Pierre de Via, beau-frère du pape Jean XXII. Ce palais urbain médiéval, édifié en grès de Figeac et brique, devint un symbole du pouvoir royal et épiscopal dans la région. Ses éléments les plus anciens, comme une tour et un bâtiment nord, subsistent malgré des transformations ultérieures. Le site fut acquis par Pierre de Via en 1326 après la confiscation des biens d’Arnaud des Près, condamné pour hérésie albigeoise.
Au XVe siècle, le palais pourrait avoir abrité la sénéchaussée royale, un tribunal régional gérant les affaires du Limousin, du Périgord et du Quercy. Malgré des résistances locales, le roi de France y installa progressivement son autorité, bien que le projet initial de construction d’un bâtiment royal dans la ville ait été bloqué par l’évêque et les consuls au XIVe siècle. La tour octogonale en brique, dite « phare », servait autrefois de repère aux bateliers sur le Lot avant d’être démontée au XXe siècle.
Transformé en prison départementale en 1790, le palais fut partiellement reconstruit entre 1829 et 1835 par l’architecte Charles Hector Malo, s’inspirant des plans de l’inspecteur Gourlier. Il fonctionna comme maison d’arrêt pendant plus de 200 ans, devenant la plus ancienne prison de France avant sa fermeture en 2012. Classé monument historique en 1922 pour son phare (démonté) et en 2019 pour ses parties médiévales, le site conserve des murs de soutènement anciens et des vestiges archéologiques protégés.
L’histoire du palais reflète les tensions entre pouvoir royal, épiscopal et municipal à Cahors. Son évolution, d’un palais seigneurial à une prison, illustre les mutations politiques et judiciaires de la France, de l’Ancien Régime à l’époque contemporaine. Aujourd’hui, le monument, propriété de l’État, suscite des projets de reconversion, comme une transformation en hôtel-restaurant de luxe envisagée par des investisseurs chinois.
Les protections successives (classement de la tour en 1925, inscription du palais en 1996, puis classement partiel en 2019) soulignent sa valeur patrimoniale. Les éléments médiévaux encore visibles, comme la tour en grès et les murs de clôture, témoignent de son importance architecturale et historique dans le Quercy. Le site reste un marqueur du passé judiciaire et seigneurial de Cahors, entre héritage médiéval et adaptations modernes.