Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Palais des Congrès à Royan en Charente-Maritime

Palais des Congrès

    42 Avenue des Congrès
    17200 Royan
Propriété de la commune
Palais des Congrès
Palais des Congrès
Palais des Congrès
Palais des Congrès
Crédit photo : Jack ma - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
2000
1954-1957
Construction initiale
années 1970
Transformations majeures
2004
Label Patrimoine du XXe siècle
2011
Inscription Monuments historiques
2017
Concours de requalification
1er juillet 2025
Classement Monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le palais des Congrès de Royan, en totalité, situé 1 façade de Foncillon, sur la parcelle 184, figurant à la section AI, du cadastre de la commune, tel que colorié en rouge et rose sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 1er juillet 2025

Personnages clés

Claude Ferret - Architecte principal Concepteur du palais, inspiré par le modernisme.
Pierre Marmouget - Architecte associé Collaborateur de Ferret sur le projet.
Adrien Courtois - Architecte associé Participation à la conception originale.
Jacques Bruneau - Architecte (source Monumentum) Mentionné comme co-auteur du projet.
Marc Quentin et Michel Legrand - Architectes des années 1970 Auteurs de l’extension et modifications.
François Chatillon - Architecte en chef des MH Responsable de la rénovation (2017-2023).

Origine et histoire

Le palais des congrès de Royan, édifié entre 1954 et 1957 par les architectes Claude Ferret, Pierre Marmouget et Adrien Courtois (avec Jacques Bruneau selon certaines sources), s’inscrit dans le mouvement de Reconstruction de la ville après 1945. Symbole du modernisme brésilien et scandinave, il se distingue par sa structure cubique en béton armé, ses escaliers extérieurs obliques et ses parois convexes internes. Conçu comme une loggia ouverte sur la mer, élevée sur pilotis et couverte d’un toit-terrasse, il abrite initialement une salle modulable, des espaces de commission et un restaurant. Son ossature métallique enrobée de béton libère l’espace intérieur, tandis que ses façades jouent avec la lumière via des dalles de verre et des brise-soleil.

Dans les années 1970, le palais subit des transformations majeures : une paroi vitrée ferme sa vue sur l’estuaire, et un cube transparent, conçu par les architectes Marc Quentin et Michel Legrand, est ajouté côté jardins. Une peinture murale de Nadu Marsaudon orne la cage d’escalier en 1977. En 1987, une façade verticale en verre occulte définitivement la façade originelle « Prouvé », aux panneaux-hublots peints en gris. Ces modifications répondent à des besoins fonctionnels, mais altèrent partiellement l’esprit premier du bâtiment, marqué par la transparence et l’ouverture sur le paysage.

Classé « Patrimoine du XXe siècle » en 2004 puis inscrit aux Monuments historiques en 2011, le palais fait l’objet de débats sur sa reconversion dès 2007. Un concours lancé en 2017, remporté par l’Atelier Ferret et François Chatillon, aboutit à sa rénovation : le cube de verre est démoli, le bâtiment d’origine restauré, et un centre d’interprétation du patrimoine y est installé en 2023. Le classement définitif intervient le 1er juillet 2025, consacrant son statut d’icône architecturale de la Reconstruction.

Le palais illustre l’influence du modernisme international sur Royan, ville balnéaire reconstruite dans un style audacieux après les destructions de 1945. Son architecture, mêlant fonctionnalité et esthétique, reflète la volonté de redonner à la cité une identité touristique et culturelle. Les matériaux (béton, verre, métal) et les jeux de volumes créent une dialogue constant entre intérieur et extérieur, caractéristique des utopies urbaines d’après-guerre.

Aujourd’hui, le palais des congrès, propriété de la commune, abrite un pôle événementiel et un centre communal d’interprétation de l’architecture. Sa réhabilitation récente a permis de retrouver partiellement son aspect originel, tout en l’adaptant aux usages contemporains. Le site reste un témoignage majeur de l’architecture moderniste française, lié à des figures comme Jean Prouvé (pour la façade) et à un contexte historique marqué par l’innovation technique et sociale.

Liens externes