Frise chronologique
1220
Achat par Guillaume II
Achat par Guillaume II
1220 (≈ 1220)
Acquisition partielle de la seigneurie.
milieu du XIIIe siècle
Résidence des évêques de Viviers
Résidence des évêques de Viviers
milieu du XIIIe siècle (≈ 1350)
Transformation du castrum en palais épiscopal.
1500
Travaux de Claude de Tournon
Travaux de Claude de Tournon
1500 (≈ 1500)
Façade gothique et embellissements Renaissance.
fin XVe siècle
Agrandissement par Jean de Montchenu
Agrandissement par Jean de Montchenu
fin XVe siècle (≈ 1595)
Développement en palais épiscopal.
1637
Plafonds peints par De la Baume
Plafonds peints par De la Baume
1637 (≈ 1637)
Décoration des appartements épiscopaux.
août 1642
Séjour du cardinal Mazarin
Séjour du cardinal Mazarin
août 1642 (≈ 1642)
Hébergement dans la chambre dite « Mazarin ».
1729–1792
Petit séminaire uni à Valence
Petit séminaire uni à Valence
1729–1792 (≈ 1761)
Enseignement de la philosophie.
1792–1826
Révolution : hôtel de ville et caserne
Révolution : hôtel de ville et caserne
1792–1826 (≈ 1809)
Dégâts majeurs pendant cette période.
1858
Rachat par la congrégation Marie
Rachat par la congrégation Marie
1858 (≈ 1858)
Transformation en école privée.
1946
Classement monument historique
Classement monument historique
1946 (≈ 1946)
Protection intégrale du palais.
1998
Fin de l’école privée
Fin de l’école privée
1998 (≈ 1998)
Fermeture après 140 ans.
2000
Devenu propriété privée
Devenu propriété privée
2000 (≈ 2000)
Nouvelle phase de son histoire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancien palais des Evêques : classement par arrêté du 16 septembre 1946
Personnages clés
| Guillaume II - Évêque de Viviers (début XIIIe s.) |
Acheteur de la seigneurie en 1220. |
| Jean de Montchenu - Évêque de Viviers (fin XVe s.) |
Agrandit le château en palais. |
| Claude de Tournon - Évêque de Viviers (début XVIe s.) |
Embellit la façade gothique. |
| Louis-François de la Baume de Suze - Évêque de Viviers (1621–1690) |
Commanditaire des plafonds peints. |
| Cardinal Mazarin - Homme d’État (1642) |
Séjourna dans la chambre éponyme. |
| Louis Deleuzy - Propriétaire avant 1858 |
Vend le palais à la congrégation. |
Origine et histoire
Le palais des Évêques de Bourg-Saint-Andéol trouve ses origines sur le rocher Saint-Michel, site d’un ancien castrum dépendant des sires de Montdragon. Dès le milieu du XIIIe siècle, il devient la résidence privée des évêques de Viviers, seigneurs de Bourg-Saint-Andéol, après l’achat d’une partie de la seigneurie par Guillaume II en 1220. Ce château médiéval, transformé en palais, incarne leur pouvoir temporel et spirituel sur la région du Vivarais.
À la fin du XVe siècle, l’évêque Jean de Montchenu agrandit considérablement le château, lui donnant sa dimension palatiale. Vers 1500, Claude de Tournon, évêque de Viviers, poursuit les embellissements initiés par ses prédécesseurs, dont la famille des Poitiers-Valentinois. La façade gothique surplombant le Rhône, toujours visible, témoigne de cette période de transition entre Moyen Âge et Renaissance.
Le palais connaît son apogée architecturale sous l’épiscopat de Louis-François de la Baume de Suze (1621–1690), qui commande en 1637 la décoration des plafonds de ses appartements. La chambre « Mazarin », où le cardinal séjourne en août 1642, et la salle du Chapitre, lieu de réunion des États du Vivarais, illustrent son rayonnement politique. Le palais abrite aussi un petit séminaire de 1729 à 1792, réputé pour ses enseignements en philosophie.
La Révolution française marque un tournant : de 1792 à 1826, le palais est converti en hôtel de ville, gendarmerie et caserne, subissant des dégradations. Rachété en 1858 par la congrégation de la Présentation de Marie, il devient une école privée pendant 140 ans, jusqu’en 1998. Classé monument historique en 1946, il est aujourd’hui un ensemble de 4 000 m2 ouvert au public, mêlant cour d’honneur, plafonds peints du XVIIe siècle, cuisine médiévale et chapelle néo-gothique abritant le musée René Margotton.
Son architecture reflète près de 8 siècles d’histoire, depuis le castrum médiéval jusqu’aux transformations Renaissance et classiques. La terrasse de 400 m2 dominant le Rhône, comparable à celle du Petit Palais d’Avignon, et les salles aux cheminées monumentales rappellent son double rôle de forteresse et de lieu de pouvoir épiscopal. Le palais incarne ainsi l’évolution politique et religieuse du Vivarais, entre féodalité, Ancien Régime et héritage éducatif.
La congrégation de la Présentation de Marie céda le palais en 2000, qui devint une propriété privée. Son classement parmi les monuments les plus remarquables d’Auvergne-Rhône-Alpes souligne son importance patrimoniale, tant pour son architecture hybride (gothique, Renaissance, néo-gothique) que pour son histoire liée aux évêques de Viviers et à la vie locale.