Origine et histoire du Palais
Le palais du Luxembourg, situé dans le 6e arrondissement de Paris, fut commandé en 1615 par Marie de Médicis, veuve d’Henri IV et régente de France. Inspirée par le Palazzo Pitti de Florence, elle confia sa construction à l’architecte Salomon de Brosse. Le chantier débuta après l’achat de l’hôtel de Luxembourg en 1612, et la première pierre fut posée le 2 avril 1615. Marie de Médicis y installa ses appartements en 1625, avant d’être exilée en 1631. Le palais, inachevé, fut légué à son fils Gaston d’Orléans, puis passa entre les mains de plusieurs propriétaires royaux avant d’être cédé au roi en 1694.
Au XVIIIe siècle, le palais devint un lieu de fêtes sous la régence de Philippe d’Orléans, puis abritera la première galerie royale de peinture ouverte au public en 1750, préfigurant le musée du Louvre. Pendant la Révolution, il servit de prison (notamment pour Danton et Desmoulins) avant d’accueillir le Directoire en 1795. Bonaparte, puis le Sénat conservateur, s’y installèrent en 1799. L’architecte Alphonse de Gisors mena d’importants travaux au XIXe siècle, dont l’agrandissement de l’hémicycle et la création de la chapelle.
Le palais, marqué par des transformations successives, devint définitivement le siège du Sénat sous la Troisième République. Son architecture mêle influences florentines (bossages, dôme) et aménagements parlementaires (hémicycle, salle des conférences). Les jardins, conçus à l’italienne par Marie de Médicis, complètent cet ensemble historique. Occupé par la Luftwaffe pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut restauré après 1944 et reste un symbole du pouvoir législatif français.
La salle des séances, ornée de statues de figures politiques (Colbert, Malesherbes) et de bustes de maréchaux, illustre son rôle institutionnel. La bibliothèque, décorée par Delacroix, et la chapelle restaurée (anciennement cloisonnée pour les bureaux de Public Sénat) témoignent de son patrimoine artistique. Les travaux récents (2017–2024) visent à moderniser les espaces tout en préservant leur caractère historique, comme la réouverture de la cour d’honneur en 2025.
Le palais abrite également des éléments symboliques, comme le trône de Napoléon Ier dans la salle des conférences, ou les peintures d’Abel de Pujol dans la chapelle. Son histoire reflète les bouleversements politiques français, de la monarchie à la République, en passant par les régimes révolutionnaires et impériaux. Aujourd’hui, il allie fonction parlementaire, patrimoine artistique et mémoire nationale.