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Palais du parlement du Dauphiné à Grenoble dans l'Isère

Patrimoine classé Patrimoine urbain Palais

Palais du parlement du Dauphiné à Grenoble

  • 4 Place Saint-André
  • 38100 Grenoble
38100 Grenoble, 4 Place Saint-André

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1453
Création du Parlement du Dauphiné
vers 1500
Début des travaux
1521
Boiseries de Paul Jude
7 juin 1788
Journée des Tuiles
1889
Classement monument historique
2002
Fin de l'usage judiciaire
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Louis XI - Roi de France Créa le Parlement du Dauphiné en 1453.
Louis XII - Roi de France Lança les travaux vers 1500.
Paul Jude - Sculpteur Auteur des boiseries (1521).
Pierre Bucher - Architecte et magistrat Contribua à l'agrandissement (XVIe siècle).
François de Bonne - Lieutenant-général du Dauphiné Cible présumée de l'envoûtement par Nobilibus.
Francesco Nobilibus - Moine franciscain Condamné pour sorcellerie en 1606.

Origine et histoire du Palais du parlement du Dauphiné

Le palais du Parlement du Dauphiné, situé place Saint-André à Grenoble, trouve ses origines à la fin du XVe siècle sous Louis XII. Sa partie centrale, en pierre crème de l'Échaillon, illustre le gothique flamboyant avec une chapelle en saillie. Les boiseries de Paul Jude (1521) et les soupiraux de la prison adjacente témoignent de son usage judiciaire initial. Le bâtiment symbolisait alors le prestige de Grenoble, capitale provinciale, grâce à l'installation de cette cour souveraine en 1453 par Louis XI.

Agrandi en 1539 sous François Ier puis en 1562 sous Charles IX, le palais adopte un calcaire bleu-gris du Fontanil pour sa partie droite. Pierre Bucher, architecte et magistrat, y contribue. Les décors intérieurs, comme les armoires sculptées du XVIe siècle ou les plafonds de Louis XIV, reflètent son évolution stylistique. Le salon bleu, théâtre de la Journée des Tuiles (7 juin 1788), marque son rôle dans la Révolution dauphinoise, quand la foule força la réouverture du parlement.

Après la Révolution, le palais devient un tribunal jusqu’en 2002. Classé monument historique en 1889, il fut étendu en 1897 par Daumas et Riondel, avec une pierre ocre claire. L’extension, inaugurée par Félix Faure, intégra l’ancienne prison et le quai de l’Isère. Le bâtiment abritera en 2024 le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, après une rénovation de 21 millions d’euros visant à restaurer ses tapisseries et boiseries.

Le palais fut aussi le cadre de procès marquants, comme celui de Francesco Nobilibus (1604-1606), moine accusé de sorcellerie pour avoir prétendument envoûté François de Bonne. Soumis à 230 interrogatoires, il fut pendu place Grenette. Ce cas illustre les tensions entre justice royale et croyances populaires à l’aube du XVIIe siècle.

Aujourd’hui propriété du département de l’Isère, le palais se visite lors des Journées du Patrimoine et accueille des expositions. Son architecture, mêlant styles Louis XII, Renaissance et néorenaissance, en fait un symbole du pouvoir judiciaire dauphinois. La façade bicolore, ornée de blasons et sculptures animales, rappelle son passé prestigieux.

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