Origine et histoire du Palais du Rhin
Le Palais du Rhin, anciennement Palais impérial, fut construit entre 1883 et 1888 à Strasbourg sous la direction de l'architecte Hermann Eggert. Ce quadrilatère de style néo-renaissance germanique, inspiré du Palais Pitti de Florence, symbolisait l’ancrage du IIe Reich en Alsace après son annexion. Son architecture imposante, avec coupole, loggia et fronton sculpté, reflétait une volonté de puissance impériale. Le palais était destiné à accueillir l’empereur Guillaume Ier, mais sa construction, critiquée pour son coût (3 millions de marks-or) et son apparence « massive », fut finalement inaugurée par Guillaume II en 1889.
Le bâtiment connut plusieurs usages : résidence impériale jusqu’en 1914, hôpital militaire pendant la Première Guerre mondiale, puis siège de la commission centrale pour la navigation du Rhin à partir de 1920. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il devint une Kommandantur nazie avant d’être libéré par les troupes du général Leclerc, qui y établit son quartier général. Menacé de destruction dans les années 1950, il fut sauvé par des associations patrimoniales et classé monument historique en 1993. Aujourd’hui, il abrite aussi la DRAC Grand Est.
L’intérieur du palais, partiellement reconstitué, mêle styles Renaissance et rococo, comme dans le salon de l’impératrice aux murs de soie bleu pâle et plafond peint. L’aile ouest, dédiée aux réceptions, comprenait une salle des fêtes et une salle à manger pour 350 convives. Le parc environnant, ceint de grilles en fer forgé ornées, abrite des arbres centenaires (platanes, hêtres, ginkgo biloba) et des éléments archéologiques comme des sarcophages de la nécropole strasbourgeoise. Une sculpture de René Hetzel et une œuvre d’Annie Greiner y sont également installées.
Le palais s’inscrit dans un projet urbain plus large de réaménagement de Strasbourg après 1870, visant à afficher la domination allemande. Son architecture et son décor – statuaire, bossages, escaliers monumentaux – en font un témoignage majeur de cette période. Les écuries, classées en 2009, et la porte de l’ancienne préfecture (1997) complètent cet ensemble patrimonial, aujourd’hui ouvert au public pour des visites ou événements culturels.