Frise chronologique
VIIIe siècle
Première mention de la maison de l'évêque
Première mention de la maison de l'évêque
VIIIe siècle (≈ 850)
Clément quitte sa demeure en 733.
887
Incendie destructeur
Incendie destructeur
887 (≈ 887)
Demeure et églises brûlées sous Hérifrid.
XIIe siècle
Construction de la galerie romane
Construction de la galerie romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Réalisée par Hugues de Montaigu après 1023.
XIIIe siècle
Salle synodale et chapelle Saint-Nicolas
Salle synodale et chapelle Saint-Nicolas
XIIIe siècle (≈ 1350)
Bâties par Guy de Mello (1247-1269).
1791
Transformation en préfecture
Transformation en préfecture
1791 (≈ 1791)
Siège administratif après la Révolution.
1846
Classement monument historique
Classement monument historique
1846 (≈ 1846)
Protection officielle du palais.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Palais épiscopal (ancien) : classement par liste de 1846
Personnages clés
| Hugues de Montaigu - Évêque (1115-1136) |
Rebâtit le palais et la galerie romane. |
| Guy de Mello - Évêque (1247-1269) |
Construisit la salle synodale et la chapelle. |
| Jean Baillet - Évêque (1477-1513) |
Ajouta une galerie vers la cathédrale. |
| François II de Dinteville - Évêque (1530-1554) |
Fit ériger le pavillon de l’Officialité. |
| Dominique Séguier - Évêque (1631-1637) |
Agrandit les jardins et détruisit la chapelle. |
| André Colbert - Dernier évêque résident (1676-1704) |
Embellit le palais avant son abandon. |
Origine et histoire
Le palais épiscopal d'Auxerre, situé dans le département de l'Yonne en Bourgogne-Franche-Comté, trouve ses origines au VIIIe siècle avec la première mention d’une maison de l’évêque près de la cathédrale. Ce lieu, initialement modeste, fut détruit et reconstruit à plusieurs reprises en raison d’incendies, notamment en 887 sous l’épiscopat d’Hérifrid, puis en 1023. Les reconstructions successives, comme celle initiée par Hugues de Montaigu au XIIe siècle, donnèrent naissance à des éléments emblématiques tels que la galerie romane, un promenoir orné de 18 arcades en plein cintre, toujours visible aujourd’hui.
Au XVe siècle, le terme palais épiscopal fut officiellement adopté sous l’impulsion de Pierre de Longueil, marquant une période de transformations architecturales majeures. Guy de Mello, évêque au XIIIe siècle, y ajouta une salle synodale gothique et une chapelle palatine dédiée à Saint-Nicolas, partiellement détruite plus tard. Les siècles suivants virent des ajouts Renaissance, comme le pavillon de l’Officialité construit par François II de Dinteville en 1551, ainsi que des aménagements paysagers sous Dominique Séguier au XVIIe siècle.
Le palais perdit sa fonction religieuse après la Révolution : abandonné par les derniers évêques au XVIIIe siècle, il devint le siège de la préfecture de l’Yonne en 1791. Classé monument historique dès 1846, le bâtiment subit des restaurations au XIXe siècle, dont la démolition de la galerie de Jean Baillet en 1830 et la réfection des appartements épiscopaux. Aujourd’hui, il conserve des traces de ses 1 300 ans d’histoire, mêlant vestiges médiévaux, décors Renaissance et adaptations administratives modernes.
La galerie romane, joyau du XIIe siècle, illustre l’importance stratégique du palais : ses arcades offraient une vue sur les vignes épiscopales et les péages fluviaux, symboles du pouvoir économique de l’évêché. Les remparts construits par Guy de Mello, aujourd’hui disparus, rappellent aussi son rôle défensif dans une ville souvent menacée. Les transformations successives reflètent les évolutions politiques et religieuses, depuis l’autorité épiscopale médiévale jusqu’à l’administration départementale contemporaine.
Parmi les épisodes marquants, l’incendie de 1210 provoqua l’effondrement de la voûte de la grande salle, reconstruit sous Guillaume de Seignelay avec des fenêtres vitrées très proprement. André Colbert, dernier évêque résident au XVIIe siècle, embellit le palais de tapisseries et d’orangers, contrastant avec l’abandon progressif du site par ses successeurs. La Révolution scella son destin laïc, tout en préservant son héritage architectural, aujourd’hui accessible comme lieu de pouvoir civil.