Frise chronologique
1594
Couronnement d'Henri IV
Couronnement d'Henri IV
1594 (≈ 1594)
Henri IV sacré roi dans la cathédrale.
1704
Construction du corps central
Construction du corps central
1704 (≈ 1704)
Paul Godet des Marais érige le bâtiment.
1794-1804
Occupation administrative
Occupation administrative
1794-1804 (≈ 1799)
Utilisé par l’administration départementale.
milieu du XVIIIe siècle
Ajout du pavillon et chapelle
Ajout du pavillon et chapelle
milieu du XVIIIe siècle (≈ 1850)
Travaux dirigés par Monseigneur Fleury.
1905
Loi de séparation Églises-État
Loi de séparation Églises-État
1905 (≈ 1905)
Devenu propriété du département.
1939
Inauguration du musée
Inauguration du musée
1939 (≈ 1939)
Ouverture officielle en 1948.
1941
Classement des jardins
Classement des jardins
1941 (≈ 1941)
Protection des espaces extérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ancien évêché : classement par arrêté du 16 octobre 1906 ; Partie des jardins, délimitée par un tracé rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 16 juin 1941
Personnages clés
| Henri IV - Roi de France |
Sacré à Chartres en 1594. |
| Paul Godet des Marais - Évêque de Chartres |
Commanditaire du corps central en 1704. |
| Monseigneur Fleury - Évêque du XVIIIe siècle |
Dirigea les travaux d’embellissement. |
| Jean-Pierre Gorges - Maire de Chartres (2001-2020) |
Soutien à la valorisation du patrimoine. |
Origine et histoire
Le Palais épiscopal de Chartres, situé à proximité immédiate de la cathédrale Notre-Dame, trouve ses origines dans une longue tradition épiscopale remontant au Moyen Âge. Bien qu’il ne subsiste rien du premier palais édifié par l’évêque saint Yves au XIIe siècle, les vestiges des communs du palais ayant accueilli Henri IV lors de son couronnement en 1594 sont encore visibles. Le bâtiment central actuel fut érigé au début du XVIIIe siècle sous l’impulsion de Paul Godet des Marais, qui fit détruire la chapelle Saint-Serge-et-Saint-Bacche pour construire un corps de bâtiment en 1704. Le pavillon central de la façade, la salle à l’italienne et la chapelle furent ajoutés vers le milieu du XVIIIe siècle sous la direction de Monseigneur Fleury.
Entre 1794 et 1804, le palais fut utilisé par l’administration centrale du département d’Eure-et-Loir, avant d’abriter la préfecture de 1804 à 1821, date à laquelle il fut rendu à l’évêché renaissant. Après la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905, les bâtiments devinrent propriété du département, qui les mit à disposition de la ville de Chartres en 1913. Pendant la Première Guerre mondiale, les soldats cantonnés dans les lieux endommagèrent gravement la décoration intérieure, laissant le bâtiment à l’abandon jusqu’à sa transformation en musée des Beaux-Arts. Celui-ci fut inauguré en 1939, mais n’ouvrit réellement ses portes qu’en 1948.
Les jardins du palais, classés depuis 1941, datent du XVIIe siècle et offrent une vue remarquable sur la ville basse et la cathédrale. Ils furent partiellement restaurés et sont aujourd’hui un lieu de promenade et de contemplation. Le palais abrite désormais une riche collection d’œuvres d’art, dont des peintures, sculptures et objets archéologiques, témoignant de l’histoire artistique et religieuse de Chartres. Parmi les pièces majeures, on trouve des œuvres de Maurice de Vlaminck, ainsi que des éléments liés à l’histoire locale, comme des vestiges des anciennes chapelles et des décors intérieurs d’époque.
Le palais épiscopal est également un symbole des transformations politiques et sociales de Chartres. Son occupation par les autorités révolutionnaires, puis sa reconversion en musée, illustrent les mutations de la ville à travers les siècles. Aujourd’hui, il constitue un lieu culturel incontournable, attirant visiteurs et chercheurs intéressés par l’art, l’histoire et l’architecture de la région Centre-Val de Loire.
Enfin, le palais est étroitement lié à l’histoire de la cathédrale de Chartres, dont il partage le promontoire rocheux. Ensemble, ces deux monuments forment un paysage urbain emblématique, marqué par le patrimoine religieux et l’influence des évêques sur le développement de la ville. Les jardins, avec leurs terrasses et leur vue sur l’Eure, complètent ce tableau historique, offrant un aperçu de l’aménagement paysager des XVIIe et XVIIIe siècles.