Frise chronologique
Ve siècle
Mosaïque paléochrétienne
Mosaïque paléochrétienne
Ve siècle (≈ 550)
Découverte en 2008 près de la Major.
1337
Agrandissement médiéval
Agrandissement médiéval
1337 (≈ 1337)
Par l’évêque Jean Gasc près des remparts.
1524
Destruction du palais
Destruction du palais
1524 (≈ 1524)
Lors de l’attaque impériale du duc de Bourbon.
1621
Concession royale
Concession royale
1621 (≈ 1621)
Terrain accordé par Louis XIII pour nouveau palais.
1648
Début des travaux
Début des travaux
1648 (≈ 1648)
Lancés par l’évêque Étienne de Puget.
1736
Embellissement par Belsunce
Embellissement par Belsunce
1736 (≈ 1736)
Ajout d’une galerie au palais.
1822
Restitution à l’évêché
Restitution à l’évêché
1822 (≈ 1822)
Après réparations post-Révolution.
1906
Expulsion de Mgr Andrieu
Expulsion de Mgr Andrieu
1906 (≈ 1906)
Application de la loi de 1905.
1908
Installation de la police
Installation de la police
1908 (≈ 1908)
Devenu hôtel de police.
1950
Extension moderne
Extension moderne
1950 (≈ 1950)
Bâtiment ajouté par René Egger.
7 septembre 1978
Classement monument historique
Classement monument historique
7 septembre 1978 (≈ 1978)
Façades et toitures protégées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jean Gasc - Évêque de Marseille |
Agrandit le palais médiéval en 1337. |
| Arthur d’Épinay de Saint-Luc - Évêque de Marseille |
Obtint le terrain royal en 1621. |
| Étienne de Puget - Évêque de Marseille |
Lança les travaux en 1647-1648. |
| Toussaint de Forbin-Janson - Évêque de Marseille |
Termina la construction du palais. |
| Henri de Belsunce - Évêque de Marseille |
Embellit le palais en 1736. |
| Pierre Paulin Andrieu - Archevêque de Marseille |
Expulsé en 1906 après la loi. |
| Henry Espérandieu - Architecte |
Remania le palais au XIXe siècle. |
| René Egger - Architecte |
Conçut l’extension moderne en 1950. |
Origine et histoire
Le Palais épiscopal de Marseille, situé rue du Commissaire-Divisionnaire-Antoine-Becker dans le 2e arrondissement, fut construit à partir de 1648 sous l’impulsion des évêques Étienne de Puget et Toussaint de Forbin-Janson. Ce bâtiment, dont les façades et toitures sont protégées depuis 1978, remplace plusieurs palais épiscopaux antérieurs, dont un édifice paléochrétien du Ve siècle révélé par une mosaïque découverte en 2008 près de la cathédrale de la Major. Cette mosaïque, ornée de paons et d’acanthes, symbolisait le prestige de l’évêque marseillais face à ses pairs d’Arles ou d’Aix-en-Provence.
Au Moyen Âge, le palais épiscopal se trouvait près des remparts, intégrant une tour dite « juive » et agrandi en 1337 par l’évêque Jean Gasc. Détruit en 1524 lors d’une attaque impériale, il fut remplacé par des résidences privées jusqu’à ce que l’évêque Arthur d’Épinay de Saint-Luc obtienne en 1621 un terrain royal pour un nouveau palais. Les travaux, financés par la cession de la juridiction de Saint-Marcel à Marseille, s’achevèrent sous Toussaint de Forbin-Janson. Le palais fut embelli en 1736 par Mgr Henri de Belsunce, avant d’être confisqué à la Révolution.
Devenu bien national, le palais fut rendu à l’évêché en 1822 après des réparations coûteuses. La loi de 1905 entraîna l’expulsion de Mgr Andrieu en 1906, et dès 1908, la Police nationale s’y installa. En 1950, un bâtiment moderne conçu par René Egger fut adjoint pour répondre aux besoins croissants des services policiers. Aujourd’hui encore surnommé « l’Évêché », il abrite le commissariat central de Marseille, bien que sa vétusté puisse entraîner un déménagement dans les années 2020.
L’architecture du palais allie un corps central du XVIIe siècle, remanié au XIXe siècle par Henry Espérandieu lors de la construction de la cathédrale de la Major, et une extension moderne. Le portail monumental à fronton cintré, les cours anglaises et les façades traitées en épaisseur avec entre-colonnements reflètent son évolution stylistique. Classé pour ses éléments extérieurs, il témoigne des transformations urbaines et politiques de Marseille, de l’Ancien Régime à nos jours.