Frise chronologique
XIVe siècle
Construction du château du Prince noir
Construction du château du Prince noir
XIVe siècle (≈ 1450)
Forteresse anglaise pendant la guerre de Cent Ans.
1629
Destruction du château
Destruction du château
1629 (≈ 1629)
Après la reprise de Montauban par Richelieu.
Seconde moitié du XVIIe siècle
Construction du palais épiscopal
Construction du palais épiscopal
Seconde moitié du XVIIe siècle (≈ 1775)
Par l’évêque Pierre de Bertier, style classique.
1851
Legs d’Ingres à la ville
Legs d’Ingres à la ville
1851 (≈ 1851)
Création de la salle Ingres au musée.
11 mars 1910
Classement monument historique
Classement monument historique
11 mars 1910 (≈ 1910)
Protection de l’ancien hôtel de ville.
2016-2019
Rénovation et réouverture
Rénovation et réouverture
2016-2019 (≈ 2018)
Modernisation du musée Ingres Bourdelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancien Hôtel de Ville : classement par arrêté du 11 mars 1910
Personnages clés
| Édouard Plantagenêt (Prince noir) - Prince de Galles |
Commanditaire du château médiéval pendant la guerre de Cent Ans. |
| Pierre de Bertier - Évêque de Montauban |
Initiateur du palais épiscopal au XVIIe siècle. |
| Jean-Auguste-Dominique Ingres - Peintre néo-classique |
Lègue ses œuvres, fondant le musée en 1851. |
| Antoine Bourdelle - Sculpteur moderne |
Artiste honoré par le musée aux côtés d’Ingres. |
| Armand Cambon - Peintre et collectionneur |
Premier directeur du musée, ami d’Ingres. |
Origine et histoire
Le palais épiscopal de Montauban trouve ses origines au Moyen Âge, lorsque le prince de Galles Édouard Plantagenêt, surnommé le Prince noir, y fait construire un château pendant la guerre de Cent Ans. Cette forteresse, renforcée par les huguenots durant les guerres de religion, est finalement détruite après la reprise de Montauban par Richelieu en 1629. Les ruines deviennent un terrain vague, sur lequel l’évêque Pierre de Bertier décide, dans la seconde moitié du XVIIe siècle, d’ériger un palais épiscopal de style classique. Ce nouvel édifice intègre la salle médiévale du Prince noir en partie basse, tandis que la partie haute adopte un style classique en brique, matériau emblématique de Montauban. La construction s’inscrit dans une volonté de réaffirmer le catholicisme dans cette ancienne cité protestante, en parallèle de l’édification de la nouvelle cathédrale.
Après la Révolution, le palais épiscopal est confisqué et transformé en hôtel de ville. En 1851, Jean-Auguste-Dominique Ingres, natif de Montauban, y lègue une partie de ses collections, marquant le début de sa vocation muséale. La salle Ingres est inaugurée en 1854, et son décès en 1867 enrichit le musée de son fonds d’atelier, incluant des milliers de dessins. Classé monument historique en 1910, le bâtiment abrite aujourd’hui le musée Ingres Bourdelle, unique au monde pour ses collections dédiées à Ingres et Bourdelle, deux artistes majeurs nés à Montauban. Le musée, rénové et modernisé, conserve également des œuvres archéologiques locales et des peintures des XIVe au XVIIIe siècles.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le musée sert de refuge à des œuvres majeures du Louvre, dont La Joconde. Des rénovations profondes, menées entre 1951 et 1958 puis entre 2016 et 2019, transforment l’espace en un musée moderne de 2 700 m2, doté d’un cabinet d’arts graphiques, d’un auditorium et d’espaces dédiés aux expositions temporaires. Les sous-sols, vestiges de la place forte du XIVe siècle, abritent des collections archéologiques gallo-romaines et médiévales, tandis que les étages supérieurs présentent les œuvres d’Ingres, de Bourdelle et des écoles européennes des XVIIe et XVIIIe siècles. Le musée, propriété de la commune, reste un témoignage architectural et culturel majeur de l’Occitanie.
L’architecture du palais épiscopal allie les restes médiévaux du château du Prince noir et un hôtel classique du XVIIe siècle, organisé autour d’une cour centrale et de quatre pavillons d’angle. Le grand escalier de pierre, les salles voûtées basses et les plafonds à solives apparentes rappellent son double héritage. Les matériaux, principalement la brique, reflètent les ressources locales. Après sa transformation en musée, l’édifice conserve des éléments protégés depuis son classement en 1910, tout en s’adaptant aux normes muséographiques contemporaines, comme l’accessibilité et la digitalisation des collections.
Les collections du musée Ingres Bourdelle s’articulent autour de 4 500 dessins et 44 peintures d’Ingres, ainsi que de 70 sculptures et une centaine de pièces graphiques de Bourdelle. Elles incluent aussi des antiquités grecs et romains, des œuvres de la Renaissance aux écoles françaises et étrangères des XVIIe et XVIIIe siècles (Titien, Le Brun, Van Dyck), et des vestiges archéologiques locaux, comme des carreaux de terre cuite médiévales ou des chapiteaux des abbayes de Grandselve et Moissac. Le musée met en valeur ces ensembles à travers des parcours thématiques, un cabinet d’arts graphiques et des expositions temporaires, comme Constellation Ingres Bourdelle en 2019-2020.
Devenir actuel
Les travaux d'aménagement du musée Ingres dans l'ancien palais épiscopal ont commencé en 1911.