Frise chronologique
1732-1741
Construction du palais
Construction du palais
1732-1741 (≈ 1737)
Dirigée par Jean-Baptiste Franque pour l'évêque.
26 août 1737
Bénédiction du palais
Bénédiction du palais
26 août 1737 (≈ 1737)
Cérémonie avant achèvement complet des travaux.
26 septembre 1741
Réception définitive
Réception définitive
26 septembre 1741 (≈ 1741)
Fin officielle des travaux par M. Piot.
1817
Rétablissement de l'évêché
Rétablissement de l'évêché
1817 (≈ 1817)
Le palais redevient résidence épiscopale.
1906
Confiscation par l'État
Confiscation par l'État
1906 (≈ 1906)
Conséquence des lois sur les biens ecclésiastiques.
1927
Rachat par le diocèse
Rachat par le diocèse
1927 (≈ 1927)
Retour sous gestion religieuse avant 1986.
30 août 1986
Devenu hôtel de ville
Devenu hôtel de ville
30 août 1986 (≈ 1986)
Échange avec l'hôtel de Roqueplane.
1989
Classement monument historique
Classement monument historique
1989 (≈ 1989)
Protection du palais et de ses abords.
janvier 1993 et 2000
Ordinations épiscopales
Ordinations épiscopales
janvier 1993 et 2000 (≈ 2000)
Célébrations dans le parc du palais.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Evêché (ancien) , avec l'avant-cour en hémicycle, les pavillons d'entrée, la cour et les jardins (cad. AP 368 à 375) : classement par arrêté du 12 juin 1989
Personnages clés
| Jean-Baptiste Franque - Architecte |
Concepteur du palais, assisté de Claude Projet. |
| François Renaud de Villeneuve - Évêque de Viviers (1723-1748) |
Commanditaire du palais épiscopal. |
| Claude Projet - Maître maçon |
Responsable des travaux sur place. |
| M. de Linage - Chanoine de Viviers |
Intermédiaire pour le choix de Franque. |
| Abbé Roche - Secrétaire de l'évêque |
Témoin des échanges sur la construction. |
| M. Piot - Directeur des travaux publics |
A réceptionné les travaux en 1741. |
Origine et histoire
Le palais épiscopal de Viviers, situé dans le département de l'Ardèche en région Auvergne-Rhône-Alpes, fut édifié au 2e quart du XVIIIe siècle (1732-1741) par l'architecte Jean-Baptiste Franque pour l'évêque François Renaud de Villeneuve. Ce projet ambitieux visait à remplacer l'ancienne résidence épiscopale, jugée vétuste depuis le XVIe siècle. Le choix de Franque fut influencé par un chanoine local, M. de Linage, qui avait déjà collaboré avec l'architecte pour un hôtel particulier à Beaucaire. La première pierre fut posée le 15 janvier 1732, mais les travaux, dirigés sur place par Claude Projet, connurent des retards et des modifications répétées demandées par l'évêque. Malgré une bénédiction en 1737, la réception définitive n'eut lieu qu'en 1741, et l'aile droite prévue ne fut jamais construite faute de financements.
L'édifice, de plan rectangulaire entre cour et jardin, se distingue par son vestibule et son salon « à l'italienne », orné de peintures inspirées de Raphaël et exécutées vers 1737. Ces décors baroques, incluant des scènes bibliques et des allégories des saisons et des éléments, furent probablement réalisés d'après des dessins envoyés de Rome. Après la Révolution, le palais retrouva sa fonction épiscopale en 1817, puis fut confisqué en 1906 avant d'être racheté par le diocèse en 1927. Il devint hôtel de ville en 1986 par échange avec l'hôtel de Roqueplane, et fut classé monument historique en 1989.
Le palais illustre l'architecture religieuse du XVIIIe siècle en Vivarais, mêlant influences italiennes et tradition locale. Son histoire reflète les bouleversements politiques et religieux de la France, depuis sa construction sous l'Ancien Régime jusqu'à sa transformation en bâtiment municipal. Les archives, comme la correspondance entre Franque et l'évêque, offrent un témoignage précis des défis techniques et financiers de l'époque. Aujourd'hui, il reste un symbole du patrimoine ardéchois, marqué par ses décors intérieurs préservés et son rôle central dans la vie civique de Viviers.
Le parc du palais, bien que modifié, a accueilli des événements religieux majeurs au XXe siècle, comme les ordinations épiscopales de 1993 et 2000, en raison de la capacité insuffisante de la cathédrale. Ces célébrations sous chapiteau soulignent l'adaptation continue du monument aux besoins de la communauté. L'édifice, propriété de la commune depuis 1986, conserve ainsi une double vocation : mémoire historique et lieu de vie collective.