Origine et histoire du Palais épiscopal
Le palais épiscopal de Viviers, devenu hôtel de ville en 1986, est situé à Viviers, dans le département de l'Ardèche. À l'origine la résidence des évêques se trouvait dans le quartier du Château, à proximité de la cathédrale ; en 1540 Claude de Tournon, jugeant l'ancien évêché vétuste, s'installa dans son hôtel de Bourg-Saint-Andéol et ses successeurs firent de même jusqu'au XVIIIe siècle. L'édifice actuel a été construit entre 1732 et 1741 pour Monseigneur François Renaud de Villeneuve par l'architecte avignonnais Jean-Baptiste Franque, assisté des entrepreneurs Claude Projet et Firmin Chabry. La première pierre a été posée le 15 janvier 1732 ; la nouvelle résidence a été bénie le 26 août 1737 et la réception définitive des travaux a eu lieu le 26 septembre 1741. Sur place, Claude Projet dirigeait les travaux et l'architecte resta en relation étroite avec l'évêque, qui imposa de nombreuses modifications intérieures pendant la construction. Faute de moyens financiers, l'aile droite prévue originellement n'a pas été réalisée. N'ayant pas été vendu par lots, le bâtiment retrouva son affectation d'évêché le 22 octobre 1817 lorsque le diocèse de Viviers fut rétabli, puis il fit l'objet de réparations pour le remettre en état. Confisqué par l'État en 1906, il fut racheté en 1927 par l'association diocésaine et échangé contre l'hôtel de Roqueplane pour devenir la mairie le 30 août 1986. L'édifice a été classé au titre des monuments historiques en 1989. Le parc, qui avait à l'origine un aménagement à la française aujourd'hui disparu, a accueilli les ordinations épiscopales de Monseigneurs Jean Bonfils en janvier 1993 et François Blondel en janvier 2000 sous chapiteau chauffé, la cathédrale étant trop petite pour ces cérémonies. Le palais présente un plan simple de type hôtel entre cour et jardin, de forme rectangulaire. Le portail principal, côté ouest, ouvre sur une avant-cour ovale qui mène à la cour d'honneur et est encadrée par deux pavillons abritant remises et logement du portier ; seules l'avant-cour, la cour d'honneur et l'aile gauche dite « aile des cuisines » ont été réalisées. La travée centrale, dans l'axe de la cour d'honneur, comprend le vestibule d'entrée puis la salle dite « à l'italienne », deux espaces remarquables par leurs proportions et la qualité de leur décoration. Le vestibule présente une voûte plate dont la taille et l'organisation des pierres, avec des lignes de joints concentriques, sont caractéristiques de l'art de Franque. La salle à l'italienne occupe toute la hauteur du bâtiment et bénéficie d'une tribune au niveau du premier étage ; son décor peint à la détrempe sur plâtre, exécuté vers 1737, comprend huit tableaux en camaïeu gris-vert représentant des scènes de l'Ancien Testament (Construction de l'arche de Noé, le Déluge, la sortie de l'arche, le Sacrifice de Noé, la Fuite de Lot, Moïse et le Buisson ardent, l'Entrée dans l'arche et la Construction de la Tour de Babel) et des dessus de portes figurant les quatre saisons. Sous la tribune sont peintes des guirlandes polychromes et des médaillons ovales en camaïeu bleu représentant les quatre éléments, symbolisés par Junon, Vulcain, Cybèle et Neptune. Selon les sources, ces peintures auraient été réalisées d'après des dessins envoyés de Rome en 1736 par François II Franque et confiées à un décorateur italien, élève de Charles-Joseph Natoire, d'après l'abbé Roche. L'accès à l'étage se fait par un escalier situé dans une pièce à droite du vestibule, la chapelle de l'évêque se trouve au premier étage et la salle à manger côté nord possède un plafond à décor baroque.