Origine et histoire du Palais Granvelle
Le palais Granvelle est un édifice Renaissance construit entre 1534 et 1547 à Besançon par Nicolas Perrenot de Granvelle, garde des sceaux et conseiller de l’empereur Charles Quint. Symbole de son pouvoir, ce palais urbains’érige dans la Grande Rue, intégrant une cour intérieure à arcades, une fontaine centrale et un escalier d’honneur dans une tour carrée. Son architecture mêle influences italiennes et flamandes, avec une façade à trois niveaux et des lucarnes gothiques.
À l’origine, le palais abrite les collections d’art, d’antiquités et de livres de la famille Granvelle, dispersées dès la fin du XVIe siècle. Certaines œuvres constituent aujourd’hui le fonds primitif de la bibliothèque municipale et du musée des Beaux-Arts de Besançon. Après la conquête française de la Franche-Comté par Louis XIV, l’édifice devient la résidence des gouverneurs provinciaux, comme le duc de Tallard, qui y installe un théâtre en 1740 et l’Académie des sciences en 1752.
Vendu comme bien national pendant la Révolution, le palais est racheté par la municipalité en 1864. Il abrite successivement un musée d’histoire après la Seconde Guerre mondiale, puis, depuis 2002, le musée du Temps, dédié à l’horlogerie comtoise. Classé monument historique dès 1862, il conserve des éléments remarquables comme une cheminée du XVIIe siècle inscrite en 1928. Sa cour accueille aujourd’hui des spectacles et expositions culturelles.
L’architecture du palais repose sur quatre corps de bâtiment autour d’une cour à portique, avec des communs organisés en deux cours (écuries, remises). L’orangerie, située dans l’aile sud, ouvrait sur un jardin transformé en promenade publique. Des restaurations majeures, comme celles menées en 2002, ont préservé ce témoin de la Renaissance bisontine, marqué par des chronogrammes (1534, 1539, 1540) et la devise latine des Granvelle : « Sic voluerunt dii » (« Ainsi l’ont voulu les dieux »).
Le palais est aussi lié à l’église des Carmes, où Nicolas Perrenot de Granvelle fit aménager une chapelle funéraire en 1549. Une tour reliant les deux édifices fut détruite en 1782 pour élargir la rue. Au XIXe siècle, une partie des dépendances (« petit Granvelle ») fut démolie ou transformée, dont les grandes écuries en 1897 pour agrandir la promenade. L’aile sud, ancienne orangerie, abritera même une brasserie entre 1868 et 1932 avant sa reconversion muséale.