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Palais Rohan de Bordeaux en Gironde

Patrimoine classé Palais des Archevêques Palais

Palais Rohan de Bordeaux

  • Place Pey-Berland
  • 33000 Bordeaux
Palais Rohan de Bordeaux
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Palais Rohan de Bordeaux
Palais Rohan de Bordeaux
Crédit photo : Dominique Cazeaux - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
33000 Bordeaux, Place Pey-Berland

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1771-1784
Construction du palais
1791
Siège du Tribunal révolutionnaire
1808
Palais impérial de Napoléon Ier
1835
Devenu hôtel de ville
1862
Incendie majeur
2023
Incendie de la porte cochère
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Palais avec sa cour d'honneur, à l'exception des parties classées (cad. KE 78) : inscription par arrêté du 24 mars 1997 - Façades et toitures de l'ensemble des bâtiments, y compris la colonnade sur rue ; pièces du rez-de-chaussée en enfilade : vestibule, antichambre, salle à manger, trois salons, salle du conseil municipal (cad. KE 78) : classement par arrêté du 14 novembre 1997

Personnages clés

Ferdinand-Maximilien-Mériadec de Rohan-Guéméné - Archevêque de Bordeaux (1769-1781) Commanditaire du palais, ruiné par sa construction.
Joseph Étienne - Ingénieur-architecte initial Auteur des premiers plans (1771).
Richard-François Bonfin - Architecte principal Acheva le palais et dessina l’escalier d’honneur.
Barthélemy Cabirol - Sculpteur décorateur Réalisa lambris et frontons (1781).
Eugène Delacroix - Peintre romantique Découvrit sa vocation dans la salle à manger.
Charles Burguet - Architecte du XIXe siècle Conçut les ailes du musée (1880).

Origine et histoire du Palais Rohan

Le palais Rohan de Bordeaux fut construit entre 1771 et 1784 pour l’archevêque Ferdinand-Maximilien-Mériadec de Rohan-Guéméné, sur les plans initiaux de l’ingénieur Joseph Étienne, puis achevés par l’architecte Richard-François Bonfin. Financé par la vente de terrains et les revenus du diocèse, ce palais néoclassique remplaça l’ancien archevêché médiéval adjacent à la cathédrale Saint-André. Son coût exorbitant (plus de 2 millions de livres) contraignit même l’archevêque à engager sa fortune personnelle. Les décors intérieurs, comme les lambris Louis XVI ou les peintures en trompe-l’œil de Berinzago, reflètent le faste de l’époque.

Après la Révolution, le palais devint le siège du Tribunal révolutionnaire (1791), puis la préfecture de Gironde en 1800 sous Napoléon. Transformé en palais impérial en 1808 lors de la visite de l’empereur, il abritera plus tard Louis XVIII (1815) et la duchesse d’Angoulême (1823). En 1835, après un échange avec l’État, il devint définitivement l’hôtel de ville de Bordeaux. Deux incendies (1862, 1870) altérèrent ses intérieurs, mais la structure néoclassique, inspirée par Victor Louis (architecte du Grand Théâtre), fut préservée.

Le jardin, initialement à la française (1777), fut redessiné à l’anglaise en 1783, puis transformé en jardin botanique sous la Révolution. En 1880, l’architecte Charles Burguet y ajouta deux ailes pour abriter le Musée des beaux-arts. Le palais, classé Monument historique en 1997, conserve des chefs-d’œuvre comme l’escalier d’honneur de Bonfin ou les sculptures de Cabirol. Des événements récents, comme l’attentat de 1996 (FLNC) ou l’incendie de la porte cochère en 2023 (lié aux manifestations contre la réforme des retraites), rappellent son rôle central dans la vie bordelaise.

L’architecture, sobre et monumentale, mêle cour d’honneur à colonnade ionique et façades à frontons sculptés (dont La Libéralité de Cabirol, seul bas-relief original subsistant). À l’intérieur, la salle à manger de l’archevêque, décorée par Berinzago en 1783, aurait inspiré le jeune Eugène Delacroix lors de sa restauration en 1802. Aujourd’hui, le palais abrite toujours la mairie, le musée des beaux-arts, et un jardin orné d’œuvres contemporaines, comme Strange Fruit (2019) évoquant l’esclavage.

Protégé depuis 1997 (classement partiel pour les façades et décors du rez-de-chaussée), le palais Rohan illustre les mutations politiques de la France, de l’Ancien Régime à la IIIe République. Son histoire reflète aussi les tensions sociales, des lynchages symbolisés par Strange Fruit aux violences urbaines de 2023. La restauration en 2025 de sa porte cochère, reconstruite à l’identique après l’incendie, témoigne de l’attachement des Bordelais à ce patrimoine.

Liens externes

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