Origine et histoire du Palaiss Saint-Georges
Le palais Saint-Georges, situé à Rennes en Bretagne, est construit en 1670 sur l’emplacement de l’ancienne abbaye Saint-Georges. L’abbesse Magdelaine de la Fayette en confie la réalisation à l’architecte Pierre Corbineau, de l’école lavalloise. La façade porte son nom en lettres capitales, et la galerie sud, inspirée du cloître des Ursulines de Laval, domine les jardins à la française et la Vilaine. Ce monument illustre l’architecture religieuse bretonne du Grand Siècle, avant sa transformation en caserne révolutionnaire.
En 1921, un incendie ravage le palais, ne laissant que les façades. Reconstruit par la Ville de Rennes après son rachat à l’armée, il abrite dès lors les sapeurs-pompiers, la police municipale et des services administratifs. Classé Monument Historique en 1930 pour ses façades et toitures, il incarne la réutilisation adaptative du patrimoine. Les blasons de France, de Bretagne et des La Fayette ornent toujours sa structure, témoin de son passé aristocratique et religieux.
Au XXIe siècle, le palais fait l’objet de projets contrastés : un hôtel de luxe envisagé en 2010 est abandonné en 2014, avant qu’un vote municipal en 2018 ne décide sa transformation en Maison de citoyenneté et de la tranquillité. Ce projet regroupe des services publics (santé, jeunesse, culture) et des guichets administratifs, ouvrant le monument au public. Les archives des travaux, numérisées par la ville, documentent ces métamorphoses.
L’architecture du palais se distingue par sa galerie de 19 arcades, son fronton central surmonté d’une croix et d’un blason franco-breton, ainsi que par les lettres en fer épelant MAGDELAINEDLFAYETTE au-dessus des piliers. Ces éléments, combinés au jardin à la française, soulignent son héritage monastique et son intégration dans le paysage urbain rennais, entre la Vilaine et le quartier Thabor.
Le bâtiment, propriété de la commune, conserve une double vocation : mémoire historique (éléments protégés depuis 1930) et utilité civique. Son adresse officielle, 2 rue Gambetta, et sa localisation près de la gare en font un repère central. Les lucarnes à frontons triangulaires ou circulaires, typiques du XVIIe siècle, rappellent son origine, tandis que ses usages contemporains reflètent les besoins d’une métropole bretonne en évolution.