Frise chronologique
VIIe siècle
Fondation présumée
Fondation présumée
VIIe siècle (≈ 750)
Création de la communauté monastique sous l’évêque Ennemond.
IXe siècle
Reconstruction carolingienne
Reconstruction carolingienne
IXe siècle (≈ 950)
Leidrade reconstruit l’abbaye sous Charlemagne.
1659-1687
Reconstruction baroque
Reconstruction baroque
1659-1687 (≈ 1673)
Travaux dirigés par Anne de Chaulnes et François Royers de la Valfrenière.
1792
Expulsion des moniales
Expulsion des moniales
1792 (≈ 1792)
Fermeture révolutionnaire de l’abbaye.
1801
Création du musée
Création du musée
1801 (≈ 1801)
Installation du musée des Beaux-Arts dans le palais.
1938
Classement MH
Classement MH
1938 (≈ 1938)
Protection des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le palais (à l'exception des parties classées) : inscription par arrêté du 28 mai 1927 ; Les façades et toitures : classement par arrêté du 8 août 1938
Personnages clés
| Anne de Chaulnes - Abbesse (1649-1672) |
Initiatrice de la reconstruction baroque du palais. |
| François Royers de la Valfrenière - Architecte |
Concepteur des façades et de l’élévation monumentale. |
| Thomas Blanchet - Peintre et architecte |
Auteur des décors intérieurs, dont le réfectoire. |
| Antoinette de Chaulnes - Abbesse (1675-1708) |
Acheva les travaux et décora l’intérieur. |
| Leidrade - Évêque de Lyon (VIIIe-IXe s.) |
Reconstructeur de l’abbaye sous Charlemagne. |
| Louis Cretey - Peintre |
Auteur des toiles du réfectoire baroque. |
Origine et histoire
L’abbaye de Saint-Pierre-les-Nonnains, fondée au VIIe siècle à Lyon, accueille dès ses origines une communauté de moniales bénédictines. Bien que sa fondation exacte reste incertaine, des sources médiévales évoquent une dotation par Aldebert, gouverneur romain converti, mais ce récit est aujourd’hui considéré comme un faux du Moyen Âge. L’évêque Leidrade reconstruit entièrement le monastère au IXe siècle sous Charlemagne, en faisant l’un des plus riches établissements religieux de Lyon. L’abbaye, indépendante de l’archevêché, est dirigée par des abbesses issues de la noblesse, élues à vie par le chapitre.
Au XVIIe siècle, l’abbaye, alors en déclin disciplinaire, est profondément transformée sous l’impulsion d’Anne de Chaulnes (abbesse de 1649 à 1672). Elle confie à l’architecte François Royers de la Valfrenière la reconstruction du palais dans un style baroque monumental, inspiré des modèles italiens. Les travaux, débutés en 1659, s’achèvent sous sa successeur, Antoinette de Chaulnes, qui décore l’intérieur avec le peintre Thomas Blanchet et le sculpteur Nicolas Bidault. Le réfectoire, chef-d’œuvre baroque orné de peintures de Louis Cretey, et le grand escalier d’honneur subsistent aujourd’hui.
La Révolution française met fin à près de mille ans de vie monastique : les moniales sont expulsées en 1792, et le palais, épargné de la destruction, abrite successivement une caserne, la bourse de commerce (1801), puis le musée des Beaux-Arts de Lyon (créé en 1801 et installé dans l’abbaye en 1803). L’église Saint-Pierre, désaffectée en 1907, est intégrée au musée. Classé monument historique en 1938 pour ses façades et toitures, le palais conserve des traces de son passé religieux, comme le porche roman du XIIe siècle.
L’abbaye était organisée autour de deux églises : l’église conventuelle Saint-Pierre, reconstruite au XIIe siècle et agrandie au XVIIIe siècle, et l’église paroissiale Saint-Saturnin, détruite en 1793. Le cloître, remanié au XIXe siècle par René Dardel, abrite aujourd’hui des sculptures et une fontaine ornée d’un sarcophage antique. Les archives de l’abbaye, conservées aux Archives départementales du Rhône, témoignent de sa puissance économique et de son rayonnement, avec des propriétés étendues et des abbesses issues des plus grandes familles nobles.
Parmi les abbesses marquantes, Lucie (VIIe siècle), sœur de l’évêque Ennemond, ou Françoise de Beauvilliers (XVIIe siècle), nièce de Madame de Clermont, illustrent l’influence aristocratique sur l’abbaye. La dernière abbesse, Marguerite-Madeleine de Monteynard, quitte le couvent en 1790. Le palais, symbole du faste religieux et artistique lyonnais, incarne aujourd’hui à la fois un patrimoine architectural exceptionnel et un lieu culturel majeur.