Origine et histoire
Le Palais Sorrento, aussi appelé Castet de l’Array, est une villa construite à Pau dans les Pyrénées-Atlantiques entre 1880 et 1886. Commandée par Joseph Mérillon, héritier d’une banque paloise, elle est destinée à son épouse américaine, Cornélia Stewart-Clinch, fille d’un riche banquier new-yorkais. Conçue comme la plus luxueuse de la ville, elle s’inspire du style italianisant, dérivé de la néo-Renaissance, avec une tour, une serre et une colonnade. Son parc de 4,6 hectares, remanié entre 1902 et 1905 par l’architecte-paysagiste Henri Martinet, inclut des fabriques comme un temple de Diane et une source artificielle.
Entre 1886 et 1910, le palais devient un lieu emblématique de la vie mondaine de Pau, alors surnommée la « ville anglaise ». Le couple Mérillon y organise des fêtes fastueuses, attirant l’aristocratie et les fortunes étrangères. Le domaine, clos de murs et doté de portails monumentaux, reflète le faste de cette époque où Pau compte plus de 350 villas luxueuses. Les travaux d’embellissement se poursuivent jusqu’en 1910, avec l’ajout d’un escalier en marbre de Carrare et de cariatides représentant les saisons.
En 1954, la famille Mérillon vend le domaine à une société immobilière, entraînant le morcellement du parc en lotissements et la division de la villa en appartements. Le parc, réduit à 8 200 m2, perd une grande partie de son étendue originelle. Malgré ces transformations, le palais conserve son prestige et est inscrit aux monuments historiques en 2014 pour sa valeur patrimoniale. Aujourd’hui, il reste une copropriété privée, exceptionnellement ouverte au public lors de visites guidées.
L’architecture du Palais Sorrento mêle influences italiennes et britanniques, avec des éléments comme une tour, une serre et un toit-terrasse. Les architectes Henri Martinet et M. Rigault ont contribué à son aménagement, notamment en créant des fabriques de jardin en béton armé, une innovation pour l’époque. Le temple de Diane et le pont en rocaille, encore visibles, témoignent de ce savoir-faire. La villa, symbole de l’opulence de la Belle Époque à Pau, illustre aussi le déclin des grandes propriétés privées au XXe siècle.
Depuis son inscription en 2014, le palais est protégé pour son ensemble architectural et paysager, incluant les restes du parc, les terrasses, le temple belvédère et la source. Bien que transformé, il reste un témoignage majeur de l’histoire mondaine de Pau, entre héritage béarnais et influences internationales. Sa rareté et son état de conservation en font un monument clé du patrimoine néo-aquitain.