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Parc archéologique européen de Bliesbruck-Reinheim en Moselle

Sites - Attractions Musée d'Archéologie gallo-romaine

Parc archéologique européen de Bliesbruck-Reinheim

    1 Rue Robert Schuman
    57200 Bliesbruck

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
1700
1800
1900
2000
Ier siècle
Construction des thermes
1782
Traité de Ratisbonne
1944-1945
Destructions de la Seconde Guerre mondiale
1986
Classement partiel aux monuments historiques
1991
Inauguration du parc archéologique
2008
Inauguration de la stèle des Malgré-Nous
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jean-Pierre Schaultz - Curé de Bliesbruck (1724-1774) Bâtisseur de l’église du XVIIIe siècle, sépulture découverte en 2012.
Frédéric Jung et Gilbert Long - Architectes du pavillon des thermes Conception moderne du musée (1991).
Walter VI de Brucken - Dernier seigneur de Bliesbruck (m. 1469) Fin de la lignée des chevaliers de Brucken.
Gustave Adolphe - Roi de Suède (1618-1648) Destructions pendant la guerre de Trente Ans.

Origine et histoire

Le Parc archéologique européen de Bliesbruck-Reinheim est un ensemble muséal et archéologique situé à Bliesbruck, en Moselle, dans la région Grand Est. Il s’étend sur un site gallo-romain majeur, partagé avec la ville allemande de Reinheim, et révèle les vestiges d’une agglomération antique prospère, notamment ses thermes publics du Ier siècle et un quartier artisanal. Les fouilles, toujours en cours, ont permis de reconstituer une boulangerie et une poterie, offrant un aperçu concret de la vie quotidienne sous l’Empire romain. Le site est protégé partiellement depuis 1986 et inscrit pour certaines parcelles en 1995.

La région, habitée dès la période pré-romaine par les Médiomatriques, connut un essor significatif sous la Gaule belgique. Les thermes de Bliesbruck, exceptionnels par leur taille pour une zone rurale, furent utilisés jusqu’au XVe siècle, avant d’être transformés en maison forte. Le parc actuel, inauguré en 1991, allie architecture moderne (pavillon en lamellé-collé inspiré des séchoirs traditionnels) et préservation des vestiges. Il symbolise aussi la coopération franco-allemande, avec des campagnes de fouilles conjointes et des animations pédagogiques pour le public.

Les découvertes archéologiques incluent des sépultures médiévales, dont celle de l’abbé Jean-Pierre Schaultz (XVIIIe siècle), bâtisseur d’une église aujourd’hui détruite, ainsi que des traces d’occupations successives depuis le XIe siècle. Le site est intégré à un espace naturel protégé (Vosges du Nord, Réserve de Biosphère) et s’inscrit dans un paysage marqué par la vallée de la Blies, frontière historique entre la France et l’Allemagne, notamment clarifiée par le traité de Ratisbonne (1782).

La région a subi des bouleversements majeurs, comme la guerre de Trente Ans (1618-1648), qui décima la population locale, ou les destructions de la Seconde Guerre mondiale, où 90 % du village de Bliesbruck fut rasé. Le parc archéologique, épargné, est aujourd’hui un lieu de mémoire et de recherche, complété par des éléments patrimoniaux voisins comme la chapelle de Hermeskappel (XVIIe siècle) ou la stèle des Malgré-Nous (2008), hommage aux Mosellans enrôlés de force dans l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le projet muséal s’appuie sur une architecture contemporaine signée Frédéric Jung et Gilbert Long, combinant bois, acier et béton pour mettre en valeur les vestiges sans les altérer. Les thermes, cœur du parc, illustrent l’ingénierie romaine, tandis que le quartier artisanal reconstitué permet des démonstrations vivantes (poterie, boulangerie). Le site est aussi un témoin des échanges culturels transfrontaliers, avec des expositions temporaires comme « Mercure et compagnie » (2023), explorant les cultes domestiques romains.

Enfin, le parc s’inscrit dans un territoire marqué par une histoire mouvementée, entre annexions allemandes (1871-1918), reconstructions post-guerres, et dynamiques locales comme le jumelage avec Millery (1946), né d’une solidarité après les destructions de 1944. Aujourd’hui, il attire chercheurs et touristes, tout en participant à la préservation d’un patrimoine à la fois romain, médiéval et mémoriel, ancré dans les paysages des Vosges du Nord.

Liens externes

Conditions de visite

  • Conditions de visite : Ouvert toute l'année
  • Ouverture : Conditions de visites sur le site officiel ci-dessus