Frise chronologique
1801 ou 1735
Plans initiaux attribués
Plans initiaux attribués
1801 ou 1735 (≈ 1735)
Projets de Le Nôtre ou du Chaffat contestés.
1804
Construction du pavillon Joséphine
Construction du pavillon Joséphine
1804 (≈ 1804)
Abritant 140 orangers confisqués pendant la Révolution.
1895
Agrandissement et exposition industrielle
Agrandissement et exposition industrielle
1895 (≈ 1895)
Création du lac et intégration à la Neustadt.
1929
Inscription du pavillon Joséphine
Inscription du pavillon Joséphine
1929 (≈ 1929)
Protection au titre des monuments historiques.
1968
Incendie du pavillon Joséphine
Incendie du pavillon Joséphine
1968 (≈ 1968)
Reconstruit à l’identique par Robert Will.
1993
Classement du parc
Classement du parc
1993 (≈ 1993)
Protection globale des éléments paysagers et architecturaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtiment de l'Orangerie (pavillon Joséphine) : inscription par arrêté du 25 juin 1929 ; Parc, y compris les divers éléments : fabrique, fontaines, groupes sculptés, éléments immobiliers transplantés dont la liste suit : pavillon de l'octroi (début XIXe siècle) ; temple circulaire décastyle, dit temple de l'Amour (début XIXe siècle) ; bâtiment principal du zoo (1903) ; maison dite Buerehiesel (partie ancienne, 1607) ; cascade-butte en rocaille et pont à garde-corps en fer forgé (vers 1895) ; rocailles diverses ; kiosque en pan de bois (vers 1895) à proximité du lac ; exèdre surmonté d'un garde-corps en pierre, et occupé par deux bancs en pierre à montants en protome de griffon ; charmille avec ses deux piliers ; banc en pierre dans une niche de verdure communicant avec la charmille ; fontaine à bassin en tombeau (datée 1895) à proximité de la charmille ; fontaine à deux vasques circulaires superposées, située à l'extrémité de la charmille ; deux petites fontaines-colonne en fonte, àcouronnement en forme de pagode ; fontaine en fonte, à deux vasques circulaires superposées, située devant la façade postérieure du pavillon Joséphine ; groupe sculpté Gaenseliesel (Albert Schultz, bronze, 1899) ; buste du compositeur Victor Nessler (Alfred Marzolff, bronze, 1895) ; groupe sculpté Hercule terrassant le lion (Alfred Marzolff, grès, état de conservation médiocre) (cad. 98 4) : classement par arrêté du 25 mars 1993
Personnages clés
| Joséphine de Beauharnais - Impératrice des Français |
Éponyme du pavillon abritant les orangers. |
| André Le Nôtre - Jardinier paysagiste |
Auteur présumé des plans initiaux (1801). |
| Antoine du Chaffat - Ingénieur militaire huguenot |
Auteur alternatif des plans (1735). |
| Pierre-Valentin Boudhors - Architecte du pavillon Joséphine |
Construisit l’orangerie en 1807. |
| Robert Will - Architecte reconstructeur |
Rebâtit le pavillon après l’incendie de 1968. |
| Albert Schultz - Sculpteur |
Auteur de *Gaenseliesel* (1899). |
Origine et histoire
Le parc de l'Orangerie, situé à Strasbourg dans le quartier de la Neustadt, est un parc public de 26 hectares délimité par l'avenue de l'Europe, les boulevards du Président-Edwards et de l'Orangerie, et le canal de la Marne au Rhin. Son origine remonte à des plans attribués tantôt à André Le Nôtre (1801), tantôt à l'ingénieur Antoine du Chaffat (1735), mais son développement majeur intervint sous l'ère allemande. En 1804, le pavillon Joséphine, nommé en hommage à l'impératrice Joséphine de Beauharnais, fut construit pour abriter 140 orangers confisqués pendant la Révolution française. Ces arbres provenaient du château de Bouxwiller et symbolisaient le prestige impérial.
Le parc connut une expansion significative lors de l’Exposition industrielle et artisanale de Strasbourg en 1895, période durant laquelle furent creusés un lac artificiel et une cascade, intégrant le site à la Neustadt. Le pavillon Joséphine, inscrit aux monuments historiques en 1929, fut détruit par un incendie en 1968 avant d’être reconstruit à l’identique. Le parc, classé en 1993, abrite aujourd’hui des éléments remarquables comme le Buerehiesel (maison à colombages du XVIIe siècle transplantée en 1895), des serres, et des sculptures comme Gaenseliesel (1899) ou Hercule terrassant le lion.
Le parc de l'Orangerie est aujourd’hui un lieu de détente et de culture strasbourgeois, proposant des activités variées : mini-ferme, centre de réintroduction de cigognes, aires de jeux, terrains de sport, et location de barques sur le lac. Il conserve trois des orangers originels, visibles dans ses serres lors d’ouvertures publiques. Parmi ses autres atouts figurent des fontaines restaurées (comme celle de la charmille en 2012), des kiosques, et des glaciers. Le site, labellisé EcoJardin, illustre l’héritage à la fois français et allemand de Strasbourg, entre patrimoine historique et usage contemporain.
L’architecture du parc mêle des influences multiples : le pavillon Joséphine (1807, reconstruit en 1968 par Robert Will), le Buerehiesel (1607, démonté et réassemblé en 1895), ou encore le temple de l’Amour (début XIXe siècle). Les aménagements paysagers, comme la cascade-butte en rocaille (vers 1895) ou les allées réaménagées en 2013, reflètent les évolutions urbaines de Strasbourg. Proche des institutions européennes, le parc incarne aussi le lien entre histoire locale et dimension internationale, tout en restant un espace vert accessible et vivant.