Origine et histoire du Parc de la Colombière
Le parc de la Colombière est un parc public de 33 hectares, créé en 1672 à Dijon par Louis II de Bourbon-Condé (le Grand Condé), gouverneur de Bourgogne. Situé au bord de l’Ouche, il est conçu comme un jardin à la française, avec seize allées rayonnant depuis un rond-point central. Entre 1683 et 1685, des milliers d’arbres (charmilles, buis, épicéas, ifs) y sont plantés, donnant au parc sa structure actuelle. Le Grand Condé en ouvre l’accès aux Dijonnais, marquant son ancrage dans la vie locale.
Au début du XVIIIe siècle, Henri Jules de Bourbon-Condé, fils du Grand Condé, poursuit l’aménagement du parc avec l’aide du paysagiste Antoine de Maerle, élève d’André Le Nôtre. Un Castel est construit de l’autre côté de l’Ouche, relié au parc par une passerelle. Le parc intègre alors des éléments emblématiques du style « à la française », comme une allée octogonale contourant les allées principales. La voie romaine Via Agrippa (Ier siècle), reliant Langres à Chalon-sur-Saône, traverse également le site.
À la Révolution française, le parc devient municipal et perd partiellement son organisation rigoureuse. En 1843, la grille et les pavillons de l’octroi de la place Saint-Bernard y sont transférés pour marquer son entrée. Au XIXe siècle, le parc accueille des visiteurs illustres, comme Napoléon III et l’impératrice Eugénie en 1860. En 1965, le Temple d’Amour (XVIIe siècle), issu du château de Bierre-lès-Semur, y est installé.
En 1970, des espaces dédiés aux enfants et aux animaux de basse-cour sont créés, modernisant son usage. Aujourd’hui, le parc abrite environ 6 000 arbres de plus de dix espèces, des pelouses, des massifs floraux, ainsi que des vestiges archéologiques gallo-romains. Classé monument historique depuis 1925, il reste le plus grand espace vert de Dijon, mêlant héritage historique et fonction publique.
Parmi ses éléments remarquables figurent aussi un cadran solaire analemmatique (déplacé en 1851 depuis la place Darcy) et une statue de Junon (copie d’une œuvre de 1783). Le parc illustre ainsi l’évolution des jardins publics, du classicisme du XVIIe siècle à leur appropriation citoyenne contemporaine.