Frise chronologique
1530
Première mention du nom « Tête d'or »
Première mention du nom « Tête d'or »
1530 (≈ 1530)
Terrains propriété de la famille Lambert.
1805
Don de Joséphine de Beauharnais
Don de Joséphine de Beauharnais
1805 (≈ 1805)
Collection de rosiers à l'origine des roseraies.
1856
Début des travaux
Début des travaux
1856 (≈ 1856)
Dirigés par les frères Bühler et Gustave Bonnet.
1857
Ouverture du parc
Ouverture du parc
1857 (≈ 1857)
Inauguration malgré des aménagements inachevés.
1891
Premier système d'immatriculation automobile
Premier système d'immatriculation automobile
1891 (≈ 1891)
Inspiré par les accidents dans le parc.
1924-1930
Construction du monument aux morts
Construction du monument aux morts
1924-1930 (≈ 1927)
Sur l'île du Souvenir, par Tony Garnier.
1982
Classement partiel aux Monuments Historiques
Classement partiel aux Monuments Historiques
1982 (≈ 1982)
Grilles, serres et monument aux morts protégés.
2006
Inauguration de la plaine africaine
Inauguration de la plaine africaine
2006 (≈ 2006)
Nouvel espace zoologique de 2,5 hectares.
2021
Ouverture des forêts d'Asie
Ouverture des forêts d'Asie
2021 (≈ 2021)
Biotope pour espèces menacées d'Asie du Sud-Est.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les éléments suivants : la grille à l'entrée principale avec ses piliers dite aussi porte des Enfants du Rhône, place du Général-Leclerc ; la grille ou porte Montgolfier, avenue Verguin ; le monument aux Morts dans l'île du Souvenir ; la serre hollandaise ; les deux grandes serres ; la serre dite des Camélias et la serre des Pandanus (cad. AC ; DP 22, 39) : inscription par arrêté du 4 novembre 1982
Personnages clés
| Denis Bühler - Architecte-paysagiste |
Concepteur du parc avec son frère Eugène. |
| Eugène Bühler - Architecte-paysagiste |
Co-créateur du parc aux côtés de Denis. |
| Claude-Marius Vaïsse - Préfet et maire de Lyon (1853-1864) |
Initiateur du projet du parc. |
| Tony Garnier - Architecte |
Auteur du monument aux morts (1924-1930). |
| Jean-Baptiste Larrivé - Sculpteur |
Grand prix de Rome, collaborateur de Garnier. |
| Charles Meysson - Architecte communal |
Dessein de la porte des Enfants du Rhône (1900). |
| Gustave Bonnet - Ingénieur |
Participation aux travaux initiaux du parc. |
| Joséphine de Beauharnais - Mécène |
Donatrice des premières collections de rosiers (1805). |
Origine et histoire
Le parc de la Tête-d'Or trouve ses origines dans un domaine marécageux appelé Grange Lambert, propriété de l'Hôtel-Dieu depuis 1662. Son nom proviendrait d'une légende médiévale évoquant un trésor enfoui par des croisés, incluant une tête de Christ en or. Ce territoire, inondable et composé de bras morts du Rhône, resta à l'état sauvage jusqu'au XIXe siècle. Dès 1812, des projets d'aménagement en parc urbain émergent, mais c'est sous l'impulsion du préfet Claude-Marius Vaïsse (maire de 1853 à 1864) que le projet se concrétise. En 1856, les Hospices civils de Lyon cèdent les terrains, et les travaux débutent sous la direction des paysagistes suisses Denis et Eugène Bühler, ainsi que de l'ingénieur Gustave Bonnet. Le parc, inspiré du style anglais, ouvre dès 1857 malgré des aménagements inachevés, devenant un symbole d'accès à la nature pour les Lyonnais.
Le parc s'enrichit progressivement d'équipements emblématiques : les grandes serres (1865), le vélodrome (1894), ou encore le monument aux morts de l'île aux Cygnes (1914-1930), conçu par Tony Garnier et Jean-Baptiste Larrivé. Son lac de 16 hectares, alimenté par la nappe du Rhône, abrite deux îles, dont l'île du Souvenir, transformée en mémorial après la Première Guerre mondiale. Le parc intègre aussi un jardin zoologique (dès 1858) et un jardin botanique, devenant un lieu de recherche scientifique en collaboration avec l'école vétérinaire de Lyon. En 2006, une plaine africaine y est inaugurée, suivie en 2021 par un biotope asiatique dédié à des espèces menacées, illustrant son évolution vers la conservation de la biodiversité.
Classé partiellement aux Monuments Historiques en 1982, le parc conserve des éléments remarquables comme la porte des Enfants du Rhône (1900, Charles Meysson) ou les serres du XIXe siècle, témoins de son architecture paysagère et industrielle. Son rôle social et culturel est majeur : accès gratuit (hors mini-golf), événements artistiques, et infrastructures sportives (vélodrome homologué UCI). Innovant dès ses débuts — il inspire le premier système d'immatriculation automobile au monde en 1891 —, le parc reste un poumon vert lyonnais, alliant patrimoine, éducation et loisirs.
Le parc abrite également trois roseraies issues d'un don de Joséphine de Beauharnais en 1805, et un jardin botanique comptant 15 403 plantes en 2020, le classant parmi les plus riches d'Europe. Les serres, couvrant 6 500 m2, préservent 6 000 variétés de plantes, tandis que le vélodrome, rénové en 1934 et 1989, accueille des compétitions internationales. Le parc sert aussi de décor à des films et téléfilms, renforçant son ancrage dans la culture locale. Aujourd'hui, il combine préservation historique (grilles monumentales, monuments commémoratifs) et modernité (espaces accessibles, projets écologiques).