Origine et histoire
Le parc de la Tête-d'Or, aménagé à partir de 1856 à l'initiative du préfet-maire Claude‑Marius Vaïsse, a été dessiné par les paysagistes suisses Denis et Eugène Bühler et ouvert au public dès 1857, avant l'achèvement complet des travaux. Issu d'un domaine anciennement nommé « Tête d'or » et possédé dès 1530 par la famille Lambert, le site était alors une zone inondable de lônes et de brotteaux; son nom reste associé à une légende locale sur un trésor enfoui. Le terrain, acquis aux Hospices civils de Lyon en 1856, a été modelé selon le style anglais sur cinq années de travaux dirigés par les frères Bühler et l'ingénieur Gustave Bonnet; la terre du creusement du lac a servi à édifier une digue protégeant de l'inondation de vastes parcelles. Dès l'origine, le parc intègre un jardin botanique déplacé sur le site en 1857 et enrichi d'une orangerie; cet ensemble a donné naissance à des collections végétales importantes et à des serres conçues au XIXe siècle et réaménagées ultérieurement. Une activité de canotage s'est rapidement développée sur le lac, tandis que la ferme pédagogique initiale a évolué, au fil des années, en un parc zoologique accueillant des animaux exotiques et locaux. Les grandes serres, conçues par Gustave Bonnet, et divers bâtiments d'agrément ou d'accueil (chalet des gardes, chalet du parc, vélodrome) ont progressivement complété l'équipement du site, tout comme des installations de présentation des collections végétales et animales. Le parc a également accueilli des expositions universelles et des événements culturels qui ont contribué à son aménagement et à son rayonnement. La clôture et les grandes grilles d'entrée, réalisées à la fin du XIXe siècle après débats publics, comprennent une porte monumentale dessinée par Charles Meysson et exécutée par le ferronnier J. Bernard ; la « porte des Enfants du Rhône » et d'autres accès marquent encore aujourd'hui les entrées du parc. Sur le lac de seize hectares se trouvent deux îles arborées — l'île des Tamaris, accessible uniquement en barque, et l'île du Souvenir, transformée selon les projets de Tony Garnier et ornée d'un mémorial auquel ont contribué des sculpteurs dont Jean Larrivé, L. Bertola et Cl. Grange. Le paysage triangulaire du parc, bordé par une digue le long du Rhône, est structuré par une grande pelouse, un bois, un belvédère, des jardins thématiques, des roseraies, des serres et des allées promenades ; il est également limité à l'est par la voie ferrée surélevée Lyon–Genève et au sud par le boulevard des Belges. Le jardin botanique, riche de collections très importantes, et les serres — qui occupent une surface notable et abritent des plantes tropicales, des orchidées, la serre Victoria et des espaces thématiques comme une serre consacrée à la végétation de Madagascar et aux milieux arides — constituent un ensemble majeur de conservation et d'éducation. Le zoo, étendu sur plus de six hectares, développe des partenariats scientifiques, a été restructuré au début du XXIe siècle avec la création notamment d'une « Plaine africaine » et d'une « Forêt d'Asie » pour accueillir des espèces menacées, et a vu partir ou évoluer certaines espèces au fil du temps. Le vélodrome, créé pour l'exposition de 1894, a été rénové à plusieurs reprises; sa piste en béton homologuée permet l'organisation de compétitions et sert d'équipement pédagogique pour les écoles. Le parc abrite aussi plusieurs monuments et édifices historiques : le monument aux morts « Aux enfants du Rhône » à la porte des Enfants du Rhône, l'orangerie reconstruite pierre par pierre, la ferme Lambert, le colombier et le pavillon des gardes. Aménagé pour accueillir un large public, le parc dispose de huit entrées — la dernière ouverte en 2009 près de la Cité internationale — et propose des équipements de loisirs, des commerces et des services en bordure du lac, ainsi que des structures culturelles et d'animation. Géré par la Ville de Lyon, le parc reste un lieu majeur de nature et de culture en cœur d'agglomération, fréquenté par plusieurs millions de visiteurs chaque année et doté d'un important patrimoine arboré comportant des sujets remarquables comme de hauts platanes, des cèdres du Liban, des tulipiers, des ginkgos, des cyprès chauves et des séquoias géants.