Patrimoine classé
Parc, en totalité, avec son portail d'entrée nord à grille en fer forgé ; façades et toitures de l'ensemble des bâtiments situés dans le parc ; façades et les toitures des bâtiments de la ferme (cad. AI 14 à 22, 25 à 34, 37 à 54, 56, 57, 87, 88/55 à 90/55, 96/36 à 98/36, 100/36, 101/36, 106/36, 107/36, 108/35, 109/35 ; AH 3) : inscription par arrêté du 18 février 1998 ; Les éléments suivants du grand tissage : le bâtiment du grand tissage, ancienne usine-halle ; l'ensemble énergétique qui y est rattaché, composé intérieurement de deux chambres à turbine et salles d'alternateurs et à l'extérieur, de la chaufferie avec carneau et de la cheminée ; le gazomètre ; le canal de fuite et les canaux de dérivation situés dans le sous-sol de la parcelle ; le bâtiment de stockage ; les vestiges des bâtiments à sheds ; situés rue de la fabrique, sur la parcelle n° 6, figurant au cadastre section AH, le tout conformément au plan annexé à l'arrêté : inscription par arrêté du 24 avril 2020
Personnages clés
| Princes-abbés de Murbach - Propriétaires initiaux |
Créateurs du pavillon de chasse en 1699. |
| Jean-Mathias Sandherr - Fondateur de la manufacture |
Installa l’usine d’indiennes en 1761. |
| N. Risler - Reconstructeur du château |
Racheta et rebâtit le site après 1777. |
| Joseph Langenstein - Architecte de la chapelle |
Conçut la chapelle protestante en 1854. |
| Mathieu David - Architecte du pavillon |
Auteur des plans initiaux (1699-1705). |
Origine et histoire du Parc de Wesserling
Le parc de Wesserling, classé monument historique, s’étend sur 42 hectares à Husseren-Wesserling (Haut-Rhin), dans la vallée de Saint-Amarin. Il juxtapose des terrasses à l’italienne, un jardin à la française et un jardin à l’anglaise, labellisé « Jardin remarquable » en 2005. Son histoire est liée à l’industrie textile alsacienne, avec des bâtiments industriels reconvertis en écomusée, dont la Grande Chaufferie, et des expositions interactives sur les métiers du textile (filage, tissage, impression). Le site propose aussi des visites théâtralisées et des démonstrations artisanales.
À l’origine, le domaine était un pavillon de chasse aménagé en 1699 par les princes-abbés de Murbach, transformé en petit château baroque au XVIIIe siècle. Après un incendie en 1777, il fut reconstruit et devint le siège d’une Manufacture Royale d’indiennes, fondée en 1761 par Jean-Mathias Sandherr. Au XIXe siècle, l’usine s’agrandit avec des filatures mécaniques (dont la première d’Alsace en 1802, détruite depuis) et des logements pour ouvriers et cadres. Le parc abrite aussi une chapelle protestante néo-romane (1854) et des villas patronales.
Le site, acquis en 1986 par le Conseil Général du Haut-Rhin pour éviter son morcellement, comprend aujourd’hui un musée du Textile et des Costumes (installé en 1995 dans d’anciens ateliers), ainsi que des bâtiments protégés par arrêté du 18 février 1998 et du 24 avril 2020. Les façades, toitures, le portail en fer forgé et des éléments industriels (comme le grand tissage et son système énergétique) sont inscrits aux monuments historiques. Le parc illustre ainsi l’évolution d’un domaine seigneurial en un pôle industriel majeur, tout en préservant son héritage paysager et architectural.
L’architecture du château, reconstruit après 1777, présente un long bâtiment étroit avec un sous-sol voûté, une cage d’escalier centrale à balustres, et des plafonds stuqués du XVIIIe siècle. Les décors intérieurs, endommagés, ont perdu leurs cheminées d’origine. Autour du château, les bâtiments industriels (comme la Barette du début du XIXe siècle) et les logements ouvriers forment un ensemble cohérent, témoin de l’organisation sociale de la manufacture. La fermeture de l’usine par le groupe Boussac a marqué la fin de son activité textile, ouvrant la voie à sa valorisation patrimoniale.
Le parc est aujourd’hui un lieu culturel dynamique, associant histoire industrielle, art contemporain et pédagogie. Ses cinq jardins, ses allées de tilleuls et ses terrasses avec statues rappellent les aménagements du XVIIIe siècle, tandis que les anciennes machines et archives textiles documentent l’âge d’or de l’industrie alsacienne. La coexistence de styles paysagers (français, italien, anglais) et de vestiges industriels en fait un site unique, à la croisée du patrimoine naturel, architectural et technique.