Frise chronologique
1860
Fin des carrières de gypse
Fin des carrières de gypse
1860 (≈ 1860)
Annexion de Belleville à Paris.
1864–1867
Travaux d’aménagement
Travaux d’aménagement
1864–1867 (≈ 1866)
Remodelage du relief et construction.
1ᵉʳ avril 1867
Inauguration du parc
Inauguration du parc
1ᵉʳ avril 1867 (≈ 1867)
Ouverture officielle lors de l’Exposition universelle.
1871
Commune de Paris
Commune de Paris
1871 (≈ 1871)
Bastion des communards puis répression.
30 janvier 1918
Bombardement allemand
Bombardement allemand
30 janvier 1918 (≈ 1918)
Raid aérien pendant la Première Guerre.
23 juin 1958
Classement du site
Classement du site
23 juin 1958 (≈ 1958)
Protection officielle du parc.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Adolphe Alphand - Ingénieur en chef |
Concepteur principal du parc. |
| Jean-Pierre Barillet-Deschamps - Paysagiste |
Création des vallons et plantations. |
| Édouard André - Paysagiste |
Conduite des travaux horticoles. |
| Gabriel Davioud - Architecte |
Auteur du temple de la Sibylle. |
| Gustave Eiffel - Ingénieur |
Passerelle suspendue du lac. |
| Napoléon III - Empereur commanditaire |
Initiateur du projet haussmannien. |
Origine et histoire
Le parc des Buttes-Chaumont est un espace vert parisien de 24,73 hectares, situé dans le 19e arrondissement. Inauguré le 1er avril 1867 sous Napoléon III, il fut conçu par l’ingénieur Adolphe Alphand et les paysagistes Jean-Pierre Barillet-Deschamps et Édouard André. Ce jardin à l’anglaise, avec ses rochers, cascades et lac artificiel, transforme un ancien site de carrières de gypse et de décharges en un paysage pittoresque inspiré des Alpes et des côtes normandes.
Avant son aménagement, le site abritait le gibet de Montfaucon (Moyen Âge–XVIIe siècle), puis une voirie insalubre où s’entassaient les déchets parisiens. Les carrières de gypse, exploitées jusqu’en 1860, laissèrent un terrain instable, impropre à la construction. Le projet haussmannien visait à assainir et embellir Paris, en s’inspirant des parcs londoniens, tout en offrant un lieu de promenade accessible à toutes les classes sociales.
Les travaux (1864–1867) mobilisèrent plus de 1 000 ouvriers pour remodeler le relief, creuser un lac de 1,5 hectare et ériger des ouvrages comme le temple de la Sibylle ou une passerelle suspendue signée Gustave Eiffel. Le parc devint un symbole des transformations urbaines du Second Empire, malgré des critiques sur son coût (3,4 millions de francs) et sa complexité technique. Son inauguration coïncida avec l’Exposition universelle de 1867.
Pendant la Commune de Paris (1871), le parc fut un bastion des insurgés, puis le théâtre de répressions sanglantes : des centaines de cadavres y furent jetés dans le lac ou brûlés. Au XXe siècle, il évolua en un lieu de mémoire (plaques commémoratives) et de biodiversité, abritant une flore rare et une faune variée, tout en restant un décor prisé pour le cinéma et la littérature.
Classé site protégé en 1958, le parc allie aujourd’hui patrimoine historique et gestion écologique. Ses pelouses partiellement fauchées, ses chalets-restaurants et ses points de vue en font un espace à la fois naturel et culturel, marqué par son histoire mouvementée, de l’Ancien Régime aux enjeux contemporains.