Frise chronologique
1862
Achat du domaine de Dulamon
Achat du domaine de Dulamon
1862 (≈ 1862)
Joseph Prom achète et reconstruit le château.
1870-1880
Création du parc
Création du parc
1870-1880 (≈ 1875)
Aménagement par Louis Le Breton pour Piganeau.
21 décembre 1987
Inscription partielle MH
Inscription partielle MH
21 décembre 1987 (≈ 1987)
Protection des grottes de Majolan.
18 janvier 2007
Inscription totale MH
Inscription totale MH
18 janvier 2007 (≈ 2007)
Parc inscrit en totalité aux Monuments Historiques.
2007-2008
Restauration majeure
Restauration majeure
2007-2008 (≈ 2008)
3 millions d’euros de travaux avant réouverture.
29 mai 2008
Réouverture au public
Réouverture au public
29 mai 2008 (≈ 2008)
Fin des travaux de rénovation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La grotte de Majolan (cad. BS 10, lieudit Dulamon sud) : inscription par arrêté du 21 décembre 1987 - Le parc de Majolan, en totalité, avec l'ensemble de son parcours d'eau et ses écluses, ses fabriques de fausses ruines, ses ensembles de rocailles, à l'exception des ponts refaits dans les années 1980 (ponts de l'Ile aux persistants au sud-ouest, pont de l'écluse nord-est) , situé au lieudit Dulamon sud (cad. BS 10) : inscription par arrêté du 18 janvier 2007
Personnages clés
| Jean Gustave Piganeau - Banquier et commanditaire |
Propriétaire, financeur du parc pour sa fille. |
| Louis Le Breton - Paysagiste |
Concepteur du parc entre 1870 et 1880. |
| Joseph Prom - Ancien propriétaire du domaine |
Père de l’épouse de Piganeau, vendeur du terrain. |
| Graziella Barsacq - Paysagiste (2007-2008) |
Responsable de la restauration récente. |
| Danielle Justes - Artiste mosaïste |
Auteur des mosaïques des grottes et belvédère. |
Origine et histoire
Le parc de Majolan est un parc public situé à Blanquefort (Gironde), conçu entre 1870 et 1880 par le paysagiste Louis Le Breton pour le banquier Jean Gustave Piganeau. Ce dernier, après avoir épousé la fille de Joseph Prom (propriétaire du domaine de Dulamon), transforma un marécage en un parc romantique baroque, inspiré des réalisations parisiennes. Le projet visait à démontrer sa richesse et, selon la légende, à consoler sa fille malade. La Jalle fut détournée pour créer un lac de 4 hectares, et 150 000 m3 de terre furent déplacés pour modeler le paysage.
Après la faillite de Piganeau, le domaine fut revendu et partiellement abandonné avant d’être racheté par un agriculteur. Dans les années 1950, une guinguette y fut installée. La commune de Blanquefort en devint propriétaire en 1975 et l’ouvrit au public en 1984. Le parc, inscrit aux Monuments Historiques (grottes en 1987, ensemble en 2007), fut entièrement rénové entre 2007 et 2008 pour 3 millions d’euros, sous la direction des paysagistes Graziella Barsacq et Fabien Pédelaborde, et de l’artiste mosaïste Danielle Justes.
Le parc illustre le savoir-faire technique de la fin du XIXe siècle, avec ses grottes artificielles en chaux, ses canyons, ses fontaines et ses geysers hydrauliques. Les fausses ruines, les ponts variés (gothiques, en fer forgé, en « faux bois ») et les rocailleurs créent une atmosphère pittoresque. Les grottes, conçues comme un labyrinthe, abritent des salles mosaïquées, dont une servant d’embarcadère sur le lac. Un belvédère décoré domine l’ensemble, offrant une vue sur les plans d’eau et les îles reliées par des passerelles.
Les travaux de restauration des années 2000 ont permis de redonner au parc son éclat d’origine, tout en préservant ses éléments historiques. Aujourd’hui, il constitue un lieu de promenade prisé des Bordelais, mêlant patrimoine industriel, art paysager et histoire locale. Les écluses, les vannes et les mosaïques rappellent l’ambition initiale : créer un écrin naturel artificiel, symbole de luxe et d’ingéniosité.
Le château adjacent, reconstruit en 1862 par Joseph Prom, fut transformé en résidence somptueuse à la fin du XIXe siècle. Les grottes, inscrites les premières en 1987, sont un exemple remarquable de trompe-l’œil architectural, avec leurs moellons et crampons métalliques imitant la roche naturelle. Leur système hydraulique, encore partiellement fonctionnel, témoigne des avancées techniques de l’époque.