Frise chronologique
1860
Cession du bois de Vincennes
Cession du bois de Vincennes
1860 (≈ 1860)
La Couronne cède 16 ha à Paris pour le Muséum.
1931
Exposition coloniale et zoo temporaire
Exposition coloniale et zoo temporaire
1931 (≈ 1931)
5 millions de visiteurs en 6 mois.
2 juin 1934
Inauguration du zoo
Inauguration du zoo
2 juin 1934 (≈ 1934)
Par le président Albert Lebrun.
1973
Arrivée des pandas géants
Arrivée des pandas géants
1973 (≈ 1973)
Cadeau diplomatique de la Chine.
2008-2014
Rénovation complète
Rénovation complète
2008-2014 (≈ 2011)
167 millions d’euros, réouverture en 2014.
2015
Rapport de la Cour des comptes
Rapport de la Cour des comptes
2015 (≈ 2015)
Critique du modèle économique du PPP.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Paul Lemoine - Directeur du Muséum (1932-1936) |
Concepteur du parc zoologique. |
| Achille Urbain - Premier directeur (1934-1946) |
Fonda la SECAS en 1938. |
| Albert Lebrun - Président de la République |
Inaugura le zoo en 1934. |
| Bernard Tschumi - Architecte de la rénovation |
A conçu les nouveaux bâtiments (2014). |
| Sophie Ferreira Le Morvan - Directrice (2012-2017) |
Géra la réouverture et les choix scientifiques. |
| Isidore Geoffroy Saint-Hilaire - Directeur du Muséum (XIXe) |
Proposa une annexe en 1860. |
Origine et histoire
Le parc zoologique de Paris, initialement nommé parc zoologique du bois de Vincennes, a été conçu en 1934 sous l’impulsion du géologue Paul Lemoine, alors directeur du Muséum national d’histoire naturelle. Inauguré le 2 juin 1934 par le président Albert Lebrun, il s’inspirait du zoo de Hambourg, privilégiant des enclos naturels sans cages, avec un Grand Rocher artificiel de 65 m de haut, devenu son symbole. Ce projet répondait à une volonté ancienne : dès 1860, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire proposait une annexe à la ménagerie du Jardin des plantes pour étudier le comportement animal.
L’exposition coloniale de 1931 avait accueilli un zoo temporaire à Vincennes, attirant plus de 5 millions de visiteurs en six mois. Ce succès incita à pérenniser l’installation sur un site voisin, confié au Muséum après la cession du bois par la Couronne à la Ville de Paris en 1860. Le parc fut dirigé par des figures comme Achille Urbain (1934-1946) et Jacques Nouvel (1946-1976), et se distingua par des naissances rares, comme celles d’éléphants d’Asie ou de pandas géants offerts par la Chine en 1973.
À partir des années 1980, le zoo souffrit de la dégradation de ses infrastructures, conçues pour 50 ans. Le Grand Rocher, fermé pour raisons de sécurité, fut rénové en urgence en 1993, mais la fréquentation chuta (300 000 visiteurs en 2005 contre 1,5 million en 1968). Face à la crise, un partenariat public-privé (167 millions d’euros, dont 157 millions financés par Bouygues et la Caisse d’épargne) permit une rénovation complète entre 2008 et 2014. Le parc rouvrit avec cinq biozones (Sahel, Madagascar, Amazonie-Guyane, Patagonie, Europe) et une approche moderne de conservation ex situ.
La réouverture en 2014 fut marquée par des défis : une fréquentation inférieure aux prévisions (911 000 visiteurs en 2015 contre 1,7 million attendu), critiquée par la Cour des comptes pour son modèle économique déséquilibré. Les tarifs, passés de 6 € à 22 €, furent jugés trop élevés, malgré une baisse en 2018. Le zoo se spécialisa dans la reproduction d’espèces menacées (56 programmes européens en 2019), comme les lémuriens de Madagascar ou les lamantins de Guadeloupe, tout en renonçant à des animaux emblématiques (éléphants, tigres) pour privilégier leur bien-être.
Aujourd’hui, le parc abrite 3 419 animaux de 275 espèces (fin 2024) et reste un acteur clé de la recherche et de la sensibilisation à la biodiversité. Son architecture, signée Bernard Tschumi, intègre 4 000 m2 de serre tropicale et des aménagements paysagers augmentant de 40 % les surfaces végétalisées. Malgré des difficultés financières persistantes, il conserve un rôle scientifique et pédagogique majeur, soutenu par des associations comme la SECAS, fondée en 1938 par Achille Urbain.
Culturellement, le zoo de Vincennes a servi de décor à des films comme La Grande Vadrouille (1966) ou Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec (2010). Il est accessible par la ligne 8 du métro (station Porte Dorée) et reste un lieu emblématique du patrimoine parisien, mêlant histoire, science et conservation.