Origine et histoire
Le Parc zoologique et botanique de Mulhouse a été fondé en 1868 par des industriels mulhousiens, dont Charles Thierry-Mieg fils, pour offrir un espace de détente à la classe ouvrière. Initialement géré par la Société industrielle de Mulhouse (SIM), il fut repris par la ville en 1893. Ce parc de style romantique, doté de cerfs, kangourous et oiseaux, s’étendait alors sur quatre hectares, combinant loisirs, gymnastique et concerts.
Au XXe siècle, le parc connut des difficultés pendant les deux guerres mondiales, avec des bâtiments endommagés et des arbres abattus. Une rénovation majeure fut entreprise jusqu’en 1948. Dans les années 1960-1970, le parc se modernisa avec des panneaux éducatifs, une singerie (1968), et des jardins thématiques (iris, pivoines). La dimension pédagogique s’affirma en 1965 avec la création d’une « petite école du zoo » et des parcours botaniques.
Le XXIe siècle marqua un tournant vers le bien-être animal et la conservation. En 2013-2014, l’espace Grand Nord fut inauguré, dédié à la faune arctique (ours polaires, bœufs musqués), tandis que le label Jardin remarquable (2011) couronnait ses 3 500 variétés végétales. Le parc coordonne neuf programmes européens pour espèces menacées (EEP), notamment des lémuriens et gibbons, et soutient des projets in situ comme la création du parc national Sahamalaza à Madagascar.
Aujourd’hui, le parc s’étend sur 25 hectares et abrite 170 espèces animales, dont 81 menacées. Il est le 1er site touristique du Haut-Rhin, avec 295 500 visiteurs en 2024. Ses missions incluent la recherche (études sur les gibbons, protocoles d’élevage), la pédagogie (13 000 enfants accueillis annuellement) et la conservation (réintroduction d’addax au Maroc ou de vautours dans les Baronnies).
Les installations phares incluent la Maison de l’éclosion (2011) pour les oiseaux menacés, l’enclos des okapis (2019), et Horizon Afrique (prévu en 2025), qui présentera girafes, hippopotames pygmées et reptiles. Le parc collabore avec des structures internationales comme l’EAZA et la WAZA, renforçant son rôle scientifique et écologique.
La collection botanique, avec 837 espèces d’arbres et six jardins thématiques, est un patrimoine vivant. Des arbres remarquables plantés en 1867, comme l’épicéa bicolore ou le cryptomeria du Japon, témoignent de son histoire. Une cellule dédiée depuis 1985 œuvre à la sauvegarde d’espèces végétales menacées, en lien avec les espaces verts de Mulhouse.